The classic de Gwak Jae-Yong

Publié le par helel ben sahar


Le mélodrame est un genre tombé en désuétude. La faute à une abondance de métrages et téléfilms qui ont créé une véritable overdose auprès du public. Il semble, en l’occurrence, que tout y a été dit ou presque. Le cinéma Coréen est un cinéma qui se découvre depuis maintenant quelques années, en offrant leur propre vision, d’un cinéma marqué par l’occident, mais dont la sensibilité reste leur. The classic explore le mélodrame épique, la romance à travers le flash back de l’histoire d’amour de la mère d’une jeune fille, elle-même en proie au doute concernant ses sentiments pour le copain de sa meilleure amie.

Sur le papier, The classic expose tous les clichés, on devine vaguement la construction du métrage et le parcours des deux jeunes filles qu’une génération sépare. Il faut dès lors accepter le fait de voir une histoire classique, ménageant son lot de passages obligés et de figures récurrentes au genre qu’il côtoie. Il est évident que ce genre de film laissera bon nombre de spectateurs sur la touche, certains seront même écoeurés devant tant de classicisme exacerbé.

Personnellement, j’ai été emporté par la générosité du film, par cet élan de bonté qui le parcourre lorsqu’il développe son histoire. Touché par ces personnages attachants, campés par des acteurs et actrices qui font corps avec leur rôle et les font vivre de avec une spontanéité, une volonté impressionnante. Voir le sourire illuminé un visage parvient à faire rayonner tout le métrage.

Bien sûr, le réalisateur en fait parfois trop, semble incapable de réduire la durée de son métrage, d’appliquer certaines ellipses, de rendre son scénario plus concis. On regrette aussi l’emploi systématique de la musique, dont l’utilisation manque cruellement de subtilité. On déplore une évidence scénaristique trop chargé de symbolisme primaire. Tous ces défauts sont bien présents et témoignent de l’attachement du cinéaste à son film et de son manque de recul. La dimension sentimentale est telle, qu’elle empêche le réalisateur de voir son m étrage d’un œil plus critique et exigeant.

Ces défauts peuvent agacer, mais j’ai été touché par son engouement, par les personnages, par la tragédie qu’ils vivent ainsi que les moments magiques. J’ai ressenti une implication qui me correspondait et me renvoyait à des certitudes et des sentiments éprouvés. J’ai survolé tous les écueils, conscient de leur présence, mais passant outre pour ne garder que ce qui m’intéressait et me touchait. Un travail où l’objectivité est tellement reléguée en arrière plan qu’elle n’a plus d’emprise. En somme, tout ce qu’il ne faut pas faire, lorsque l’on critique un film. Mais je n’en ai cure. Parfois, on se laisse aller à certains plaisirs coupables. Conscient de leurs défauts, de la perception qu’aura le film auprès d’autres personnes, on se laisse aller, à la simple expression de ses sentiments.

Publié dans Cinéma

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