Renouvellement de Contrat

Publié le

Le 03 Juillet se décidait du sort de Raymond Domenech. Partira, partira pas ? L'opinion publique a choisi son camp, à l'unanimité ou presque, le peuple veut la peau du sélectionneur. Son Euro fut une catastrophe (pas de résultat, peu de jeu), et bien sûr, ce n'est pas la faute des joueurs.

Sélectionneur est un métier à part dans le monde professionnel (au sens large du terme). L'obligation de résultat y est primordiale, la faute impardonnable. On a bien plus de chance de se faire licencier pour faute grave, que féliciter pour ses bons et loyaux services. Dans ce cadre stricte, Domenech aurait du gicler proprement. Pourtant la nouvelle tombe, il est toujours en poste. Pour rassurer les dépités, il semblerait que ce soit plus du aux frais de licenciements pour rupture de contrat que d'altruisme ou volonté de donner une nouvelle chance.

Les gens se demandent : Pourquoi garder un looser, quand de bons sélectionneurs démissionnent (Allemagne, Pays-Bas, Italie...) ? Mis à part la raison citée au dessus, on peut voir la décision de mener un projet à long terme. Rompre définitivement avec la génération '98, arrêter de se voiler la face dans des fantasmes passéistes où l'on a plus brillé par le résultat et la gestion de match que par le jeu pur (mais il ne faut pas en avoir honte pour autant, c'est un système comme un autre et il a prouvé sa réussite). Et bâtir une nouvelle équipe, former la nouvelle génération. Domenech a commencé la démarche, c'est assez louable de lui offrir la possibilité de continuer. Et c'est là que l'on remarque que la démission de Van Basten ou Löw est prématurée. Ces deux hommes ont entrepris quelque chose qui a apporté des résultats (de magnifiques matchs disputés pour la Hollande, du résultat et de l'efficacité pour l'Allemagne) et partir ainsi, c'est prendre le risque de voir ces efforts tombés en miettes (c'est différent pour l'Italie dont l'âge moyen de l'équipe entraînera forcément des changements) et repartir de zéro avec les risques que cela entraîne.

Toutefois, le sélectionneur doit effectuer un bilan personnel et verser dans l'introspectif pour corriger les erreurs précédentes. Si tout n'est pas de sa faute, il a offert quelques magnifiques exemples d'ingérences et d'esprit versatile. Qu'il cherche à créer un nouveau groupe oblige à l'approximation. Mais parmi les errances des sélections et des titularisations, on a eu du mal à définir l'ébauche d'un plan. Et ce flou demeure le gros point noir de son mandat.

La France est en période de doute (et pas uniquement par rapport au football), et elle a besoins d'être rassuré. Monsieur Domenech, il faut croire que vous avez une bonne étoile au dessus de votre tête, et que vous avez bien su la lire. Mais cette seconde chance risque de devenir un cadeau empoisonné...

 

Publié dans Humeur

Commenter cet article