The Darjeeling Limited de Wes Anderson

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Une caméra au centre de quatre personnages. Trois assis devant l'autre. Et commence le travelling circulaire. L'émotion se construit dans cet instant précis et explose. Pourquoi ? Est ce seulement la puissance de ces images ou tout le passif qu'elles contiennent compte tenu de l'heure qui vient de se passer ? La logique voudrait que l'on choisisse la seconde hypothèse. Mais dans ce film particulier, parce que le réalisateur y déploie des armes un peu étranges et surtout très personnelles, on opte pour la solution un. Peu importe la relation qui unit les quatre personnages. Tout se passe dans les regards, et cette caméra qui saute de l'un à l'autre. Un dialogue sans mot, créé par un mouvement. Un espace clos, où le monde semble se tenir au centre de ce faux cercle. Abstraction de l'autour, la caméra aspire l'extérieure comme un trou noir.

Le film aurait pu s'arrêter là. Climax, paroxysme ou autre mot savant usé dans la syntaxe cinéphile. L'enjeu se situait dans cette scène particulière. On n'avait aucun moyen de le savoir, impossible à prédire, le réalisateur lui-même ne se doutait de l'aspect crucial de cette séquence. Et c'est justement pour cette raison qu'elle est aussi expressive. Aussi éloquente parce qu'elle continue d'exister à l'extérieure du film. Comme une séquence autonome.

Ailleurs, le film est un joli conte, une fable moraliste où trois frères tenteront un voyage spirituel pour se retrouver, communiquer et s'aimer si affinités. Entre surréalisme malicieux et vrais moments émouvants, The Darjeeling Limited nous cueille avec douceur. Et pour simple au revoir, un clin d'œil lancé pour dire, que l'histoire, comme elle ne commence pas réellement, ne s'arrête pas vraiment non plus.

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ÉLias_ 05/04/2008 12:37

Magnifique séquence en effet. Le gros plan sur le regard incroyablement détendu et intense d'Anjelica Huston m'a complètement retourné. Son visage y est si beau.

Harmonie visuelle, sonore, émotionnelle. Cinéma.

É.

Helel Ben Sahar 15/04/2008 21:58


Oui c'est vrai. L'actrice possède un physique bien particulier, parfois un peu disgracieux. Mais Anderson a su capter une flamme derrière ses yeux, une essence remarquable (justement la captation
dont tu parles) qui la rend tout de suite magnifique...