Daddy longs legs - Gong Jeong-sik

Publié le par helel ben sahar


Ce film vogue sereinement sur les flots du mélodrame naïf qui apporte son lot de sourire et de larme, cet élan de grâce et d’allégresse, ce charme qui semble habiter chaque image, ces films qui reposent sur les acteurs qui l’habitent. Mais Daddy long legs marche sur le rebord étroit d’un mur. La chute est inévitable, l’inconnu est de savoir de quel côté on va tomber. Et suivant cet endroit, notre appréciation ou notre rejet du métrage.

Les premières minutes donnent le la du film, par cette animation simpliste le métrage encre son ton dans l’innocence enfantine de son personnage principale. Le petit conte qui nous accueille, nous permet de pénétrer dans l’univers fantasmé de l’héroïne. Daddy long legs est un conte de fée pour jeune fille en quête d’amour. Un amour passionné et un autre paternel, celui de trouver le grand, le vrai, et de découvrir qui est le bienfaiteur qui veille sur elle.

Le film n’aurait certainement pas fonctionné sans la fraîcheur de ses comédiens. Leur jeu possède une telle générosité, qu’ils parviennent à rendre vivants et attachants leurs différents personnages, tous, plus ou moins stéréotypé afin de garder le fil du récit intact et sans embûche. Ha Ji-won qui campe le personnage principal donne une vie, un charme qui ne laisse pas indifférent. Pour les lecteurs de Fruits Basket, Ha Ji-won semble étrangement rappelé Toru Honda, dans le portrait de cette fille qui semble vivre sur un petit nuage et qui n’est absolument pas capable de la moindre once de méchanceté.

Le métrage suit son cours comme dans tous les contes de fées, ainsi les petites histoires qui gravitent autour de celle de l’héroïne se multiplient et trouvent leur résolution rapidement. Parfois, elle imputent un peu trop sur le rythme, lui donne un côté un peu hachuré dans son développement. Mais tous ces écueils sont balayés par la grâce qui habite le film, par sa fraîcheur. Daddy long legs est une bouffée d’air frais et naïf (certains diront certainement niais), qui vous plonge dans un sentiment doucereux, dans un cocon douillet où il fait bon se trouver et se reposer.

Ainsi bercé, on est alors surpris par la conclusion qui rompt un peu les habitudes, ou tout du moins, toute prévision. En l’espace de quelques minutes, le film bascule, casse son déroulement, inverse ses intentions. Il nous prend par surprise et perd un peu de son ton si enfantin. Comme ramené dans la réalité après un rêve si bon, dans lequel on aurait voulu se perdre, ne plus jamais se réveiller.

Evidemment, Daddy long legs ne fera certainement pas l’unanimité. Le caractère volontairement enfantin risque d’en laisser plus d’un sur la touche, il faut accepter se plonger dans tous ces bons sentiments naïf et primaire de jeune fille. Dans la romance et le conte de fée. Mais pour toutes celles et ceux qui auront accepté de pénétrer l’univers, de succomber à ses charmes, alors le voyage n’en sera que plus agréable.

Publié dans Cinéma

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