Barack Obama, candidat...

Publié le

Doit-on annoncer Barack Obama comme le candidat noir à la présidentielle. Par opposition, n'a t-on jamais lu ou entendu, Georges W. Bush, candidat blanc ? Pourquoi faire une distinction ? Dans l'histoire du pays, comme celui du monde, la présence d'un président de couleur à la Maison Blanche témoignerait d'une avancée très forte dont le rayonnement ne serait pas uniquement projeté dans le pays, mais dans le monde. Une image redorée pour un pays qui possède une bien mauvaise publicité hors de ses frontières. Mais pour autant, doit-on autant insister sur cette distinction ?

D'un côté, c'est limiter l'homme à sa simple couleur de peau avant même l'énonciation de son programme. De l'autre, c'est l'avancé que l'on attendait d'un pays qui a trop tardé pour imposer l'égalité entre les hommes de couleur et les blancs ; l'avancé d'une idéologie qui possède encore trop d'opposants (mais à ce niveau, on a finalement pas grandes leçons à donner). Quelle est la position adéquate ? Est ce que taire la couleur de Barack Obama, c'est lui porter préjudice par omission ou au contraire l'annoncer pour l'entourer de cette aura significative ? Ne pas parler de sa couleur, est-ce manquer de respect ou l'inverse, insister entraîne la distinction péjorative ? Ou plus simplement, est ce que Barack Obama a réellement le choix ? Est-il possible pour lui de ne pas parler de « sa communauté » et par extension de toutes les communautés minoritaires ?

En l'occurrence, il semble avoir choisi de ménager la chèvre et le chou. En période électoral, difficile de connaître la position réelle du candidat, trop occupé à contenter tout le monde pour imposer son point de vue sur la question. Toutefois, il fut l'auteur d'un discours fort et puissant, le 18 Mars dernier. En empruntant les premiers mots à Abraham Lincoln « Nous le peuple, en vue de former une Union plus parfaite... », il signe un texte décisif sur la question de la race et stupéfie un oratoire pas totalement acquis à sa cause. Ce discours fut l'objet d'analyses (on peut en lire une, rédigée par Francis Dordor dans les Inrocks #657), et il y a de fortes chances pour qu'il résonne encore dans les années à venir.

Laissons les derniers mots à Barack Obama : « [...] comme si nous n'avions accomplis aucun progrès, comme si ce pays, où un Noir peut être candidat à la fonction suprême et bâtir une coalition de Blancs et de Noirs, d'Hispanique et d'Asiatiques, de riches et de pauvres, de jeunes et de vieux, était encore prisonnier d'un passé tragique ».

(Citations in Les Inrocks #657)

 

Publié dans Humeur

Commenter cet article