Mirror's Edge

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Il existe quelque chose d'assez incroyable à la découverte de la simple bande annoce d'un jeu vidéo. Une poignée de minutes d'images qui ouvrent un champ de perspectives inimaginables. Comme un souffle violent de liberté. Accompagné d'une musique magnifique, voilà une des plus belles promesses de l'année à venir.

L'entrée en matière détonne : pas d'ambiance sombre ou glauque, mais au contraire, une ville en plein jour, par un temps magnifique. Tout y est très propre, assez coloré. Où même les parts d'ombres semblent avoir été atténuées. Bien sûr, la durée présentée n'est significative d'aucune certitude, mais force est d'admettre qu'oser proposer une telle mis en bouche est assez gonflée. Mais plus qu'un décorum surprenant, c'est l'immersion de l'action qui choque. S'il y a bien une chose que les concepteurs de FPS n'ont rarement pris en compte, c'est le facteur de déplacement du personnage. Alors il peut courir, mais sauter est un tout autre problème et rarement on a pu voir quelque chose de convenable à ce propos. Ici, tout est au contraire pensé pour libérer le personnage d'une rigidité contraignante.

On se place dans la peau d'une jeune femme, et l'on se déplace avec l'assurance et la folie d'un yamakasi sous amphet'. Cette vision procure une sensation sans pareil et donne (enfin) l'impression d'incarner physiquement l'avatar. Pour la première fois ou presque, on peut voir ses membres. Apercevoir ses deux mains agrippées un mur, ses jambes passées devant son champ de vision. Mirror's Edge propose une identité corporelle entière. Ce FPS se conçoit avec la volonté d'une complète intégrité physique. Car la bande annonce, après le morceau de bravoure qui lui sert d'introduction, permet d'en voir davantage. Et comment il s'agit d'échapper à l'opposant en usant de son corps comme principale arme. Et à ce titre, c'est détenir la possibilité des coups et attaques d'un Third Person Player, mais avec la vision d'un FPS. Et c'est peu dire que l'effet est saisissant.

Mirror's Edge
est-elle la réponse à des décennies de sur-place concernant les FPS ? Il est encore trop tôt pour l'affirmer et il existe tellement d'éléments à prendre en compte qu'une seule bande annonce in game ne saurait dévoiler. Toujours est-il que ces quelques minutes d'images présentent un pouvoir de séduction incroyable. Et l'on se prend à l'idée de cette course urbaine salvatrice comme nouvel émoi vidéo ludique. Oublié le caractère figé du FPS traditionnel, place à une ère où la rapidité du mouvement devient possible, où l'emprise de la gravité se trouve soufflée par une débauche d'énergie. On court, on saute, on s'accroche, on évite, on embrasse les murs, caresse les angles et frappe l'ennemi avec nos poings, nos pieds. Pas d'arsenal digne de Rambo, juste la dextérité et la grâce. Auparavant, l'avatar du FPS pliait sous le poids de son armure, ses armes, son package, dans Mirror's Edge, c'est vêtu d'un ensemble streetwear que l'on parcoure la map. Et c'est dans cette légèreté nouvellement acquise que l'on pourra exprimer pleinement l'assurance d'une action libertaire.

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