New Super Mario Bros

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Le jeu vidéo suit généralement une trajectoire rectiligne. Porté par les évolutions techniques, il ne regarde jamais en arrière. Chaque nouvelle création majeure enterre la précédente. Depuis la venue de la 3D, les jeux en 2D n'existent pour ainsi dire plus. Et ces plus fervents représentants ont sauté le pas eux aussi. Avec plus ou moins de succès et d'habileté dans la démarche. On se souvient des misérables premiers Sonic ou Mortal Kombat en 3D. Seul Mario était parvenu à accomplir sereinement la migration.

Néanmoins, depuis quelques temps maintenant, on voit surgir une nouvelle mode. Caractérisée par tous les petits jeux flashs qui pullulent sur la toile comme autant de vieilles gloires accessibles gratuitement (Pacman, Tetris, Ballbreaker, Pong...), elle nourrit avant tout les nostalgiques. Toutes ces personnes d'une trentaine d'années qui ont grandi avec ces jeux et suivi avec attention l'évolutivité des différentes machines (ordinateurs et consoles). Devant cette perspective, les constructeurs principaux (Nintendo, Sony et Microsoft) se sont un peu sentis obligés de répondre à cette demande. Où comment rentabiliser des jeux peu gourmands en production. Ainsi est né le courant lucratif des casual games. Compilations de divers petits jeux ludiques et évidents, les casual games permettent aux non-joueurs d'investir dans le marché. Une politique parfaitement assimilée par Nintendo avec la récente Wii.

C'est d'ailleurs le géant japonais qui profite de cette mode. Ses deux principales consoles – la Wii et la DS – semblent être de par leur nature, divinement dédiées. En y plaçant un gameplay qui extrapole l'éternel pad. La wiimote ou le stylet et l'écran tactile sont les armes idéales pour ce genre de jeux. Si la Wii offre néanmoins un procédé plus complexe ou du moins plus évolué, la DS représente l'Eldorado du casual, bien plus que la sophistiquée et fragile PSP.

On se retrouve alors avec une ludothèque casual conséquente, ainsi qu'une bonne représentation de jeux éducatifs. Mais Nintendo appuie sa position de leadership de la console portable grâce à sa mascotte en redorant le blason du jeu de plateforme en 2D. Après les Mario64, Mario Sunshine ou Mario Galaxie, le groupe japonais affiche des prétentions très actuelles sur la forme (graphismes, situations empruntées aux jeux précédents) avec un regard tourné vers le passé. Et affiche une réussite ostentatoire, comme un sourire en coin lancé aux concurrents. New Super Mario Bros (NSMB) s'inscrit dans la parfaite continuité des Super Mario Bros et Super Mario World. Configuration des mondes similaires, entre passages secrets et course d'endurance. Et des niveaux étalés comme un travelling latéral. Les développeurs ont tout prévu en ajoutant, une fois terminé, un mode challenge qui oblige une course en avant sans possibilité de retour. NSMB est la consécration d'un genre pérenne. Capable de ressortir des limbes du jeu vidéo et d'afficher une fraîcheur comme aux premiers jours. Et de permettre aux joueurs de ressentir les émotions nostalgiques, tout en ayant un jeu très actuel. Ce n'est pas faire du neuf avec du vieux, mais dépoussiérer un genre pour le rendre malgré tout très moderne.

On savait la DS capable de tout. De rendre fashion un programme de réflexion ou d'offrir des expériences uniques comme jouer aux docteurs ou être avocat. Mais retourner aux sources avec autant de réussite et de facilité deviendrait presque insolent. Mario affiche une désinvolture succulente. Avec pour seule vision, le regard porté droit devant ou derrière lui, mais jamais sur les côtés comme il avait appris à le faire depuis quelques années maintenant. Comme le monde vidéo ludique et sa trajectoire rectiligne : empruntant le même schéma où quelques heures de jeu représentent plusieurs décennies.

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