Memento mori - Chapter XXIII

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C’est parfois une relation un peu étrange. Un rapport qui ne s’explique pas vraiment. On entre de plein pied dans un univers musical. Pas différent, ni novateur. Mais unique. Que l’on tisse intimement.  Quelque part, c’est en vain que l’on essaie de mettre des mots sur cette impression. En vain que l’on tente de traduire. Parce que l’on sait que beaucoup se perd dans la traduction. Trop.

Le genre de moment unique. Où tout s’invite. Tout le spectre des sentiments. Toutes émotions recueillies en quelques minutes. De la joie au drame. C’est tout un monde qui s’ouvre. Le notre qui se ferme. C’est un sourire. Des larmes. La main qui tremble. L’excitation et la peur. Quelques minutes d’orfèvre. Jusqu’alors, on pensait maîtriser. De savoir ce que l’on ressentait. De savoir pourquoi. Mais les secondes défilent. Et l’on perd pied. On ne parvient plus à réfléchir. On ne parvient plus à agir. On se laisse submerger. Et c’est juste le moment où tout bascule que l’on chérit. L’instant où l’on sent le sol se dérober sous nos pieds.

Quel plaisir plus intense que de s’ouvrir à la beauté d’une musique ?

Comme le plaisir le plus simple. Et le plus complexe. La sensation de mourir. Et de renaître juste après. C’est une seconde naissance. Et pas seulement un effet de la découverte. Cette sensation se répète inlassablement. A chaque écoute. A chaque fois, c’est pareil. On a beau connaître la mélodie par cœur, les paroles. On sait tout ce qui va se passer. Au moment où il va se passer. Et pourtant, on est envahi systématiquement. C’est magique.

Laisser l’abandon nous envahir. Pour une poignée de seconde. Et comprendre quand les dernières notes ont retenti. De se retrouver. Entier. Plus fort et plus fragile que jamais.  

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Morena 26/02/2008 23:05

Toi, faut que t'arrêtes BEIRUT. Maintenant.

gehenne 27/02/2008 18:11

Mais comment as-tu fait pour deviner que je parlais de Beirut ? Un peu plus, et je dirai que tout cela fout les j'tons...