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Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /Août /2008 22:26

Vous, lecteurs fidèles et réguliers, l'aurez certainement remarqué, ce blog ne surfe pas vraiment sur l'actualité. Et cela, vous allez le voir, ne va pas aller en s'arrangeant.

Il y a quelques semaines (mois ?), une vidéo créait un buzz conséquent. Les nouveaux princes de l'électro français, Justice, défrayaient la chronique avec leur clip, illustrant la chanson Stress. On pouvait y suivre un groupe de « jeunes de cité », portant des blousons aux logos du duo (une grosse croix), détruisant, agressant tout sur leur passage, comme dans Orange Mécanique de Stanley Kubrick. Rapidement, les débats s'ouvrirent, s'animèrent, chacun y allant de son avis ; la presse suivit le mouvement (avec ce mini temps de retard propre à la vitesse de l'information sur la toile) et le tout s'enflamma. Alors qu'en est-il de la réalité ? Perversité médiatique d'un duo en manque de buzz ou geste artistique sans concession ?

Dans les voix des détracteurs revenaient régulièrement cette façon de caractériser le danger que représentent ces images, cette violence gratuite. Pourtant, on n’accuse pas (ou plus) Orange Mécanique de tels maux. Il a fallu quelques années pour y parvenir. Mais depuis, le film de Stanley Kubrick a atteint une renommée confortable (et justifiée) et ne souffre que rarement des débordements de gens trop sensibles et premier degré pour y déceler autre chose qu’une incitation à la violence. D’un point de vue artistique, il serait malvenu de comparer les deux œuvres. Parce qu’elles n’appartiennent pas aux mêmes média. Et il serait présomptueux d’affirmer que les sept minutes que dure le clip atteint la maestria du film et son développement. Le clip est un geste. Une fraction. Et de frapper fort dans son temps imparti.

Internet est un outil important pour Justice. Ils sont nés grâce à la toile. Prototype parfait du groupe 2.0. Et le duo a prouvé qu’ils étaient maîtres de leur image. Logo imposant, presque bling bling, premier clip au concept riche et minimaliste qui fit sensation au point de rafler quelques récompenses (au grand désarroi de Kayne West et ses vidéos bourgeoises). Un bon contrôle de l’environnement, chose aussi importante que la musique, aujourd’hui. Et surtout, maintenir le buzz, élément imparable pour perdurer.

Alors que les images nous sautaient à la gueule, il était difficile de déceler les intentions du duo comme du réalisateur. D’un point de vue artistique, le clip est une réussite. Filmage façon reportage labellisé TF1, brut et voyeuriste. Longs plans séquences filmés caméra à l’épaule pour l’immersion. Associé à la musique qui porte bien son nom, on est en présence d’un rapport images / musiques intéressant et pertinent. Symbolisation du stress, jouant également sur une peur brusque. Les images frappent fort. Seulement derrière cette évidence, se cache une inconsciente perturbation qui tempère notre élan. Une certaine complaisance à entretenir des clichés nauséeux (jeunes de cité = voyous). Rappel des évènements récents dans les cités, émeutes, mis en scène du point de vue de la violence (façon TF1), sans réel discours derrière les images. Le principal problème de ce clip réside dans cette ambiguïté. Cette absence de position qui permet d’entretenir les deux camps. Et comme on peut faire dire tout et son contraire aux images, on peut très bien imaginer le détournement au profit d’associations peu fréquentables.

Devant l’ampleur du phénomène, le duo décide de prendre la parole pour la première fois depuis la diffusion du clip. Jusqu’à présent, leur silence entretenait le doute mais permettait de conserver cette part de mystère autour des intentions. Le buzz montait, chacun pouvait choisir son camp, interprétation à la clé. On voulait croire au geste artistique sans concession. Croire que l’on pouvait être transgressif sans arrière pensée, que l’on pouvait jouer avec le feu au risque de brûler quelques uns sur son passage. Croire enfin que l’on pouvait jouer avec les clichés sans pour autant les préserver. Dans le cas de Justice, l’explication a tué le concept. Vagues bredouilles entre excuses et affirmations. De ceux dont l’objet échappe à tout contrôle. Immense feu de pailles comme on en trouve des milliers sur le net, le stress de Justice sera uniquement le leur. Et nous, de penser qu’on tenait là, une nouvelle fois, un des plus beaux coups d’éclats de la toile, du clip. Mais ce n’était qu’un accident.

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Dimanche 24 août 2008 7 24 /08 /Août /2008 21:23

Alors que l'état français et l'Europe tentent de trouver un moyen d'éradiquer le piratage, alors que l'on se tourne vers une réponse graduée pour contrer l'exponentielle croissance du téléchargement illégal, premier responsable – selon les exploitants – de la chute violente du marché mondial du disque, il semblerait que la réponse à l'épineuse question ne se trouve pas dans la répression, mais dans une évolution de la consommation musicale.

 

Il existe deux façons de prendre en compte le piratage. La première, et plus évidente, consiste à se procurer une œuvre sans la payer. Assez motivant comme principe, même si idéologiquement illégale. La seconde, permettre l'écoute avant un éventuel achat. Goûter avant d'acheter. Au même titre que l'on peut essayer une voiture avant de se l'offrir. Cette distinction est essentielle. Elle permet de comprendre « l'utilité » du piratage.

 

Il semble que ce soit mission impossible pour raisonner une personne qui ne comprendra jamais comment peut-on débourser alors que l'on peut se l'offrir sans ouvrir le porte-monnaie, l'autre visage du « pirate » est plus nuancé. D'ailleurs, ce dernier craint beaucoup plus la répression que « l'autre ». Pour lui, existent à présent des sites qui permettent d'écouter, en toute légalité, de la musique, entre nouveautés et vieilleries. Les sites se multiplient, la consommation change.

 

Deezer, Jiwa, Jogli, Last Fm, Pandora... tous ces sites proposent d'écouter l'album de son choix, parmi un catalogue plutôt bien fourni. Ils permettent également de se créer des playlists, de les proposer, de les poster en lien sur des forums ou sur son blog dans le but de faire partager ses coups de cœur, ses passions. Le rapport communautaire par excellence. Jogli ou Jiwa s'associent même avec Youtube pour proposer des clips en plus de l'écoute classique en streaming. Le paradis pour celles et ceux qui préfèrent tester avant d'acheter, puisque sont proposés des nouveautés très... nouvelles (à l'heure de ses lignes peut-on mentionner les derniers Carla Bruni, Christophe, Julien Doré, Beck, Sharleen Spiteri, The Rascals, The Ting Things... un choix très éclectique).

 

Derrière ces sites, on imagine l'utopie culturelle : de voir la possibilité d'exiger des œuvres de qualités de la part des artistes. De laisser tomber le couperet, sans appel. Fini les albums en demi teintes, les déceptions. Toutes œuvres musicales ne répondant pas à nos critères seront sanctionnées par un non-achat. Tout album sans importance se verra laissés dans les bacs. Et par extension, de remarquer l'importance d'internet dans une nouvelle consommation musical : pas du côté de la dématérialisation ou du piratage, mais comme le vecteur inquisiteur du « bon goût ». Mettre un terme aux disques jetables que l'on écoute pendant le mois de sa sortie et que l'on oublie aussitôt le suivant sorti. Imaginez ce monde où vos possédez la liberté de sanctionner ou non, en toute légalité.

 

De l'autre côté du spectre, les Deezer & co' permettent également l'apprentissage. Où parfaire sa culture musicale en découvrant les grands classiques. Revisiter des artistes essentiels comme Dylan, Young, Rolling Stone, Beatles, Doors, Gaye, Cure, New Order, Joy Division (liste non exhaustive)... Que nos jeunes générations aient la possibilité d'écouter librement ce qui constitue le patrimoine musical du XXe siècle, gratuitement et légalement. Et éviter que cette découverte se situe dans le sample d'un vague produit de consommation matraqué sur les ondes.

 

Internet est un formidable outil pour peu que l'on sache s'en servir et que les idées convergent vers des innovations intelligentes. Avec la création de sites d'écoute de musique en ligne, gratuite (financé par la publicité), on touche à tels considérations, qui servent à la fois le consommateur et l'artiste. Après Myspace (et Jamendo, on en reparle prochainement) pour les découvertes de jeunes (et moins jeunes) talents, Deezer, Last Fm, Jiwa ou Jogli permettent à certains chanteurs/chanteuses/groupes de toucher un large public, autant d'acheteurs potentielles si leur musique plait. Et jusqu'à présent, c'est tout ce qui importait...

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Lundi 14 juillet 2008 1 14 /07 /Juil /2008 23:20

Flash-back: Septic Flesh annonce son split. L'ultime œuvre de leur discographie restera donc le monumental Sumerian Daemons. Un disque qui nous avait laissé par terre, possédant une emphase rarement égalée. Capable de jouer sur la violence issue du métal extrême à coup de blast-beat, tout comme l'imposante présence d'un orchestre qui tient tête à la formation. Mais on trouvait néanmoins ces passages mélodiques chers au combo grecs. Un disque testament parfait et qui fera date dans l'histoire du métal.

Cette séparation restera de courte durée, le groupe se reforme et nous offre un nouvel album. Communion sent les retrouvailles. Celles d'un groupe heureux de se retrouver et de composer ce qu'ils ont toujours su faire. Du coup, on garde l'impression d'un déjà entendu, voire l'exercice du best of compulsant les différents mouvements du groupe depuis sa création, exception faite de l'atypique Revolution DNA bien orphelin. On ne peut pas vraiment être déçu. Mais on n'était en droit de s'attendre à mieux. Retour paresseux, donc.

Le métal de Septic Flesh garde ce timbre bien particulier, qui les place dans une constellation très personnelle et très peu tutoyée par d'autres groupes. Etonnant qu'une formation aussi fondatrice n'ait pas créé plus de suiveurs. On entre donc dans les arcanes sonores ésotériques de cette Communion, composée de petits tableaux efficaces et trop gentillets. La simplicité déconcertante relève de la mauvaise nouvelle. Si certaines chansons offrent une structure et des arrangements alambiqués, elles patinent parfois dans l'approximatifs (Babel's Gate, malgré son refrain puissant et évocateur souffrent de breaks patauds dont l'aspect complexe sonne faux). Toutefois, à l'intérieur de ces figures sages ou grossières, pointent quelques tournures géniales, comme autant de moments paroxystiques qui nous rappellent les heures glorieuses. La lueur créatrice d'un groupe qui n'a pas encore perdu sa force fondatrice, mais l'a seulement engluée dans la vague nostalgique des retrouvailles.

Communion
marquera la discographie du groupe comme le disque du retour. D'un point de vue musical, on y pensera comme aux derniers travaux de Paradise Lost ou Moonspell, deux formations qui semblent capitaliser sur un savoir faire éculé et une fanbase toujours avide de découvertes factices. C'est une première pour Septic Flesh, on peut donc leur pardonner pour cette fois-ci.

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Dimanche 13 juillet 2008 7 13 /07 /Juil /2008 18:51

Doit-on annoncer Barack Obama comme le candidat noir à la présidentielle. Par opposition, n'a t-on jamais lu ou entendu, Georges W. Bush, candidat blanc ? Pourquoi faire une distinction ? Dans l'histoire du pays, comme celui du monde, la présence d'un président de couleur à la Maison Blanche témoignerait d'une avancée très forte dont le rayonnement ne serait pas uniquement projeté dans le pays, mais dans le monde. Une image redorée pour un pays qui possède une bien mauvaise publicité hors de ses frontières. Mais pour autant, doit-on autant insister sur cette distinction ?

D'un côté, c'est limiter l'homme à sa simple couleur de peau avant même l'énonciation de son programme. De l'autre, c'est l'avancé que l'on attendait d'un pays qui a trop tardé pour imposer l'égalité entre les hommes de couleur et les blancs ; l'avancé d'une idéologie qui possède encore trop d'opposants (mais à ce niveau, on a finalement pas grandes leçons à donner). Quelle est la position adéquate ? Est ce que taire la couleur de Barack Obama, c'est lui porter préjudice par omission ou au contraire l'annoncer pour l'entourer de cette aura significative ? Ne pas parler de sa couleur, est-ce manquer de respect ou l'inverse, insister entraîne la distinction péjorative ? Ou plus simplement, est ce que Barack Obama a réellement le choix ? Est-il possible pour lui de ne pas parler de « sa communauté » et par extension de toutes les communautés minoritaires ?

En l'occurrence, il semble avoir choisi de ménager la chèvre et le chou. En période électoral, difficile de connaître la position réelle du candidat, trop occupé à contenter tout le monde pour imposer son point de vue sur la question. Toutefois, il fut l'auteur d'un discours fort et puissant, le 18 Mars dernier. En empruntant les premiers mots à Abraham Lincoln « Nous le peuple, en vue de former une Union plus parfaite... », il signe un texte décisif sur la question de la race et stupéfie un oratoire pas totalement acquis à sa cause. Ce discours fut l'objet d'analyses (on peut en lire une, rédigée par Francis Dordor dans les Inrocks #657), et il y a de fortes chances pour qu'il résonne encore dans les années à venir.

Laissons les derniers mots à Barack Obama : « [...] comme si nous n'avions accomplis aucun progrès, comme si ce pays, où un Noir peut être candidat à la fonction suprême et bâtir une coalition de Blancs et de Noirs, d'Hispanique et d'Asiatiques, de riches et de pauvres, de jeunes et de vieux, était encore prisonnier d'un passé tragique ».

(Citations in Les Inrocks #657)

 

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Dimanche 6 juillet 2008 7 06 /07 /Juil /2008 11:21

Le 03 Juillet se décidait du sort de Raymond Domenech. Partira, partira pas ? L'opinion publique a choisi son camp, à l'unanimité ou presque, le peuple veut la peau du sélectionneur. Son Euro fut une catastrophe (pas de résultat, peu de jeu), et bien sûr, ce n'est pas la faute des joueurs.

Sélectionneur est un métier à part dans le monde professionnel (au sens large du terme). L'obligation de résultat y est primordiale, la faute impardonnable. On a bien plus de chance de se faire licencier pour faute grave, que féliciter pour ses bons et loyaux services. Dans ce cadre stricte, Domenech aurait du gicler proprement. Pourtant la nouvelle tombe, il est toujours en poste. Pour rassurer les dépités, il semblerait que ce soit plus du aux frais de licenciements pour rupture de contrat que d'altruisme ou volonté de donner une nouvelle chance.

Les gens se demandent : Pourquoi garder un looser, quand de bons sélectionneurs démissionnent (Allemagne, Pays-Bas, Italie...) ? Mis à part la raison citée au dessus, on peut voir la décision de mener un projet à long terme. Rompre définitivement avec la génération '98, arrêter de se voiler la face dans des fantasmes passéistes où l'on a plus brillé par le résultat et la gestion de match que par le jeu pur (mais il ne faut pas en avoir honte pour autant, c'est un système comme un autre et il a prouvé sa réussite). Et bâtir une nouvelle équipe, former la nouvelle génération. Domenech a commencé la démarche, c'est assez louable de lui offrir la possibilité de continuer. Et c'est là que l'on remarque que la démission de Van Basten ou Löw est prématurée. Ces deux hommes ont entrepris quelque chose qui a apporté des résultats (de magnifiques matchs disputés pour la Hollande, du résultat et de l'efficacité pour l'Allemagne) et partir ainsi, c'est prendre le risque de voir ces efforts tombés en miettes (c'est différent pour l'Italie dont l'âge moyen de l'équipe entraînera forcément des changements) et repartir de zéro avec les risques que cela entraîne.

Toutefois, le sélectionneur doit effectuer un bilan personnel et verser dans l'introspectif pour corriger les erreurs précédentes. Si tout n'est pas de sa faute, il a offert quelques magnifiques exemples d'ingérences et d'esprit versatile. Qu'il cherche à créer un nouveau groupe oblige à l'approximation. Mais parmi les errances des sélections et des titularisations, on a eu du mal à définir l'ébauche d'un plan. Et ce flou demeure le gros point noir de son mandat.

La France est en période de doute (et pas uniquement par rapport au football), et elle a besoins d'être rassuré. Monsieur Domenech, il faut croire que vous avez une bonne étoile au dessus de votre tête, et que vous avez bien su la lire. Mais cette seconde chance risque de devenir un cadeau empoisonné...

 

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