Heureuse coïncidence ? En première partie de la nouvelle de tournée d’Iron Maiden, officiera Trivium. La nouvelle en elle-même ne vaut même pas que l’on s’y attarde. Si ce n’est sur un peu évident rapport entre les deux groupes. Et par définition un public peu réceptif. Si Trivium attire ici l’attention, c’est par cette similitude prononcée entre son chanteur et James Hetfield de Metallica. On se souvient encore des joutes verbales par interviews interposées qui opposaient les Four Horsemens avec
la Vierge de Fer. Elles firent le bon temps des magasines métalleux et le plaisir manifeste des lecteurs s’engageant dans la voie de leur groupe fétiche ou s’amusant de cette gloriole.
Il devient alors tentant de percevoir une volonté à peine déguisée de la part de Maiden de déterrer la hache de guerre avec cette nouvelle provocation. Cette invitation cacherait-elle en réalité une pique sournoise lancée à l’encontre des Américains ? Difficile en effet de ne pas percevoir le choix d’un groupe avec cette particularité clonique comme un tacle réduisant le combo à une condition de vulgaire groupe chauffeur de salle. Les anglais annoncent la mise au placard de Metallica – même si les deux groupes ne jouent plus tout à fait dans la même cour- à tous leurs fans. Nul ne serait réellement tenir compte de cette farce, mais on espèrerait presque que les américains répondent à cette bravade avec l’annonce de leur première partie lors de leur prochaine tournée.
Toujours est-il que Iron Maiden représente aujourd’hui un groupe phare de l’actualité métalleuse et a prouvé qu’il a su remonter la pente après la débâcle des épisodes Bailey – ce dernier n’est bien évidemment pas le seul responsable de cette mésaventure et le retour de Dickinson et Smith y est pour beaucoup. Le groupe anglais enchaîne les disques à un rythme soutenu (un peu trop, également, les deux opus suivant Brave new world restent perfectibles et parfois précipités) et les tournées fleuves. Comparé aux Américains, c’est Byzance ! Ces derniers multiplient les déconvenues (leurs concerts restent excellents pour la plupart, et la découverte du documentaire Some kind of monster les présentait – enfin ! – sous un jour humain, fragile et attachant). On ressent l’impatience poindre avec la sortie prochaine de leur nouvel album, qui sonnera peut-être le glas d’un groupe en difficulté. En attendant, on ne manquera pas de sourire en écoutant Trivium en première partie de Maiden, avec une pensée malicieuse pour leur rival américain. Et si un jour Metallica effectuait réellement la première partie d’un concert de Maiden ?
Par helel ben sahar
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Une publicité admet enfin que l’objet a supplanté l’humain. Le rapport de force a changé, et nous ne sommes désormais plus en position dominante. Ce spot impose que l’Homme est l’esclave de l’objet. On ne le choisit pas, c’est lui qui nous choisit. Ce n’est bien évidemment pas une grande nouvelle, et de nombreux discours ont déjà été proféré en ce sens. En ces temps de consommation de masse appliqué à toute denrée commerciale, cela peut devenir presque redondant. Mais le mécanisme est tellement pervers (c’est probablement ce qui le rend si bon), qu’il détonne dans le paysage publicitaire.
On ne reviendra pas sur le but avoué de la publicité, il est connu de tous. Son évidence devient son principal facteur voué à l’universalité. Des médias lui ont consacré des plages de réflexions ou de diffusions, et elle possède son propre festival. Pour certains cinéastes en devenir, elle est même devenu une carte de visite et un maître d’apprentissage ; pour ceux confirmés, une cour de récréation (re-création). Mais au-delà de l’aspect purement ludique de l’exercice (et son aspect simplement technique), se destine, avant tout, la volonté de vendre, d’exposer et de vanter. Le facteur humain n’a qu’une justification usuelle et ne détient pas le centre de l’attention, même s’il reste la principale destination. Alors lorsqu’un spot le réduit lui-même à la condition d’objet de consommation pour proposer son produit, l’effet est pernicieux et révélateur.
Jusqu’à présent, l’être humain a toujours empoigné l’objet de ses désirs, ou dans une autre mesure faire fusion avec lui. Mais jamais en être la marchandise. Les rôles sont inversés. Le spot ne s’embarrasse pas d’un quelconque suspense, il dévoile rapidement ses intentions. Après tout, le temps c’est de l’argent. Nous sommes les marchandises de ce nouveau monde. C’est l’avènement de la masse inanimée comme grand ordonnateur. La publicité se dégage enfin de cette fausse bonne conscience qui la contraignait à placer ce sempiternelle être humain en prenant en compte ses considérations dans un but simplement illusoire. Donner l’impression mais ne pas s’assouvir. Même si ce schéma n’a plus court, car nous connaissons à présent ses plus inavouables intentions, il restait tellement sous-entendu que la publicité (et les publicitaires) espérait peut-être noyer le poisson dans l’évidence. Bien sûr, l’objet est toujours présenté pour être vendu, mais la perception du futur acheteur n’est pas réduite au seul statut de consommateur, mais également comme marchandise. La ligne de démarcation devient flou ; qu’essaye t-on de promouvoir ? Quelle est la nouvelle place de l’Homme au sein de la publicité ?
Cette publicité ose enfin exposer sans aucune culpabilité la réalité telle qu’elle est devenue aujourd’hui. Si l’on se déplace dans un magasin pour acheter un quelconque produit, ce n’est pas par nécessité, mais bien parce que l’objet exerce un pouvoir de séduction tellement intense qu’il nous réduit à l’état d’êtres primitifs attirés irrésistiblement par un fantasme nouvellement crée. Nous sommes des prostitués qui se vendent aux produits. Et le plaisir procuré efface toute honte que l’on pourrait exprimer. Oui, ces chaussures m’ont choisi (puisqu’il est question de chaussures) ! Dans ce grand magasin à ciel ouvert qu’est devenue n’importe quelle ville, à travers la vitrine, j’ai été désigné, élu, comme nouvel utilisateur privilégié de ces honorables souliers. Et bien évidemment, je suis fier. L’effet le plus pervers de l’exercice est cette propension à acquérir alors que nous sommes nous même les produits.
Dans ce monde matrixien régi par les objets, produits (machines), exercent encore des hommes. Au service de… ou ultime témoignage d’une autre évidence ? On peut jouer la carte paranoïaque et voir là les quelques preuves de l’existence d’une puissance occulte tout à fait humaine qui abuse de ce nouveau rapport de force pour assouvir un peu plus leur mainmise, les puissants deviennent plus puissants et écrasent les démunis en les asservissant ; ou bien comme la nouvelle évidence de ce rapport dominant / dominé – qui emploie la marchandise. Ou tout simplement comme une commodité logique tout à fait formel…
Le temps de ce spot, la publicité s’assume totalement. Enfin, pourrait-on dire. Car il faut avouer que cette vérité est quasi ancestrale, mais que l’on se complaisait dans le fourvoiement pour éviter de la regarder en face et d’admettre notre échec sur toutes les formes. Evidemment, on peut voir naître çà et là quelques groupuscules résistants tant bien que mal (et souvent maladroitement), mais notre défaite vient d’être annoncé. Reste à savoir si nous avons perdu une bataille ou la guerre ?
Par helel ben sahar
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On peut s’interroger sur le marché du dvd de multiples façons. Surtout, on peut l’analyser sous différents prismes et se questionner sur son expansion impressionnante. On peut aussi se demander comment les prix de certains films parviennent à descendre si bas en un temps record. A sa sortie, le film coûtera dans les vingt euros. Approximativement trois mois plus tard, il aura perdu un tiers de son prix. Et encore trois mois après ou presque, on pourra le trouver à une dizaine d’euros parmi une pléthore d’autres titres. Cette évolution (ou peut-on parler de régression) tarifaire touche un nombre impressionnant de titres mais évite soigneusement une certaines catégories de films : Les classiques.
On peut trouver n’importe quels blockbusters américains ou comédies françaises dans les bacs pour un prix dérisoire alors que les grands classiques stagnent dans leur prix (presque) prohibitifs. Le pirate des Caraïbes ou Tais toi, Daredevil ou les Choristes, 2 fast and 2 furious ou Wasabi, tous ces films sont disponibles pour une dizaine d’euros alors que les Resnais, Truffaut, Welles, Griffith ou Wilder, non. Est-ce une question d’éditeurs ? Certainement, mais on peut aussi pousser plus loin la réflexion. La pérennité d’un film influe t-elle sur son prix ? Sa représentation dans le temps impose t-elle un traitement particulier de son prix ? On peut également imaginer que ces films que l’on nomme grands classiques se méritent davantage qu’une simple comédie de dimanche ou mardi soir que l’on regarde en famille d’un œil discret. Le travail coûteux de restauration de tels films est-il l’unique explication de ces prix gelés ?
La culture coûte cher et son droit à la découvrir devient presque un luxe. Que l’on veuille parfaire ou créer son éducation cinéphile à travers les films qui ont donné naissance à bons nombres de cinéastes aujourd’hui, pour comprendre comment le medium évolue, pour percevoir les influences qui habitent certains jeunes réalisateurs, pour tout simplement découvrir chronologiquement l’histoire du cinéma, le besoins comme une envie de découvrir ces grands classiques possède un prix qu’il est difficilement envisageable de se permettre. La perspective que ces films amortissent bien moins rapidement leur coût d’édition est certainement la réponse la plus logique, mais depuis le temps que certains films sont édités, on peut espérer une baisse des prix plus rapide, ce qui entraînerait également une hausse des ventes et comblerait en partie ou totalement le déficit qu’une telle baisse octroie. Un raisonnement à risque, évidemment, mais que les éditeurs feraient bien de prendre en considération et perpétueraient ainsi une démarche culturelle pour la découverte de grands films à toutes et à tous.
Seul Hitchcock ou presque bénéficie de ce traitement de faveur, mais on peut voir dans cet immense cinéaste, le prototype du réalisateur classique bankable et ses films comme les blockbuster du cinéma d’antan. Aussi, n’est-il finalement pas si étonnant de voir apparaître les films du maître à un prix très abordable. Hitchcock est également un des rares cinéastes classiques à surfer sur la vague des rééditions compulsives de ses films en dvd. Certains atteignent presque leur troisième sortie. Des caractéristiques qui touchent généralement des films récents…
Par helel ben sahar
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Le foot est devenu un luxe pour les chaînes de télévision. Les coûts de diffusion ont atteint des sommes record, au point de mettre à mal certains groupes. La récente fusion de TPS et Canal Sat semble être le point final de la lutte acharnée des deux groupes pour l’acquisition des différents matches jalonnant l’année. Parce que la retranscription du football a pris une place conséquente dans les grilles de programmes. Le nombre des matchs a multiplié entre les coupes d’Europe à rallonge, le championnat de France, la coupe de France et la coupe de la Ligue, sans compter les rencontres nationales et éliminatoires lors de qualification pour l’Euro ou la coupe du monde, le choix est devenu pléthore. Entre ce boom sportif et l’ascension impressionnante des séries TV en prime time, le paysage audiovisuel français a radicalement changé. Dans cette manne financière que représente le football, c’est France Télévision qui ne parvient pas à sortir son épingle du jeu. En effet, même la dernière chaîne résistante au foot, M6, a changé son fusil d’épaule après le rachat du club bordelais, et se sont mis à diffuser le sport au ballon rond. L’été dernier, elle devenait même la seconde chaîne après TF1 (et Canal +) à diffuser la coupe du monde. France 2 et France 3 se retrouve alors avec les matchs de coupe de France et de coupe de la ligue. Des retransmissions dont l’enjeu n’est réellement convaincant qu’après les huitièmes de final et encore. C’est certain que des matchs opposant des clubs de D1 contre des divisions inférieures enthousiasment moins qu’une rencontre de Ligue des champions.
La principale victime de ce changement est avant tout formelle. Canal + a renouvelé la réalisation du foot à la télévision, au point de devenir la référence mondial du genre. Il serait laborieux d’énumérer tous les mutations, mais on peut affirmer pour schématiser que les principaux réalisateurs se sont appuyés sur des équipements issus du cinéma. Le football est avant tout devenu un spectacle, un show bénéficiant de moyens conséquents pour retranscrire toute sa puissance évocatrice. Un match est devenue la rencontre entre deux entités fortes, que la réalisation magnifie, exhorte et qu’elle détourne pour en faire un lieu où les enjeux dramatiques s’expriment à travers le filmage. Cette nouvelle norme visuelle en constante évolution – chaque année, un nouveau dispositif apparaît – a donné à la retransmission un caractère exigeant de la part du public. Devant une telle ébauche de moyens, un dispositif aussi intelligent qu’impressionnant, France télévision fait pâle figue. Non que l’on veuille expressément comparer, mais la qualité générale de la réalisation laisse à désirer, voire impute au plaisir de visionnage. Car la retransmission, aussi bonne soit-elle, est toujours plus ou moins dépendante du jeu en lui-même. Elle ne ment presque pas, juste embellit lorsque les équipes apportent du rythme. En aucun cas elle ne créé, seulement met en valeur les échanges, le combat, la confrontation presque sauvage entre les vingt deux hommes. Seulement la réalisation made in France 2 échoue à la fois sur la retransmission pure et surtout empiète sur le simple plaisir de visionnage. Regarder un match sur France télévision devient une gageure, une épreuve pour le spectateur devant une telle débauche de n’importe quoi. Les réalisateurs semblent incapables de cerner le jeu, l’esprit de ce sport. Souvent en retard par rapport à l’action, effectuant des successions de gros plans et larges en dépit du bon sens, la réalisation devient un panel de tout ce qu’il ne faut pas faire. Allant jusqu’à effectuer des effets visuels d’une laideur impressionnante censé retranscrire l’effort du sportif, cet élan douloureux du dépassement de soi. Le schéma de la douleur associé au suspense du résultat. Malheureusement et bien que reposant sur une idée pertinente, le résultat est trop souvent risible.
Involontairement, France télévisions affirme son retrait vis-à-vis de la retransmission du foot à la télé. Par cette incapacité technique à reproduire la qualité présente sur les autres chaînes, par un œil peu pertinent sur les nouvelles évolutions techniques mises à la disposition des réalisateurs, le chaîne publique affiche un retard conséquent, que la faible visibilité de ce sport n’aide pas non plus. Toujours est-il que visionner un match sur France 2 relève d’une volonté inébranlable pour la beauté du sport, car le plaisir n’est pas le résultat d’une mise en image pertinente, mais du sort que nous imposeront les deux équipes par leur jeu respectif.
Par helel ben sahar
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Un nouveau jeu télévisé sur TF1 place un candidat, seul, face à cent personnes. Une place intimidante, difficile en effet, de tenir tête à autant de monde en même temps. Petit poucet contre une foule qui, s’appuyant sur leur nombre conséquent, tente de le déstabiliser au maximum pour repartir avec le plus gros gain possible. Car si le jeu repose essentiellement sur une série de QCM de type Qui veut gagner des millions, le réel enjeu est avant tout psychologique. L’air de l’humiliation physique des réals émissions X-factor ou L’île de la tentation semble avoir temporairement prit fin. On n’attaque plus sur les performances du corps, on ne se moque pas d’une condition, mais de la capacité ou non à répondre correctement à une question. Il devient alors un peu cruel de voir ainsi se déchaîner autant de personnes contre un seul candidat. Mais c’est sans compter sur la volonté perverse de TF1 de gommer la part masochiste de leur émission en renversant la vapeur. Le candidat ne se tient pas chétif derrière son pupitre, accusant les vindictes lancées à son encontre. Au contraire, il s’esclaffe, harangue, jette à son tour son lot d’insultes déguisées en bon mot pour mettre à mal la supposée cohérence du mur. Et de cette attitude insolente et désinvolte, il vole progressivement l’argent censé revenir aux cent personnes.
David contre Goliath, un concept intéressant qui tend à vouloir donner la force nécessaire aux petites gens pour affronter plus grands, plus forts et plus nombreux. Qu’est ce qui prend ainsi TF1 de vouloir protéger les petites gens ? De vouloir leur donner les moyens de s’élever contre cent personnes. L’humiliation hebdomadaire du Maillon faible qui place un bonnet d’âne sur la tête des candidats n’est plus invoqué, ou indirectement. Car c’est finalement dans le mur que les intentions sadiques de la chaîne se retrouvent. Le mur n’est pas composé de quidams pris au hasard, il est constitué d’un ensemble de corps de métiers. Juristes, pompiers, etc.…. et blondes. Voilà le doigt tendu moqueur que TF1 place insidieusement, encore plus qu’un autre. La chaîne joue sur le stéréotype grossier qui consiste à voir dans cette particularité capillaire la raison d’un éventuel échec intellectuel. Se conforter dans l’humour gras que la chaîne affectionne. Et surtout, amusez la galerie des beaufs se bidonnant devant une émission vulgairement complaisante.
Le mur est le jeu que la chaîne se devait de posséder. Un concept qui n’a rien de nouveau pour s’assurer de gimmicks que TF1 a fait ligne directrice. Car l’élégance du petit contre les brutes n’a finalement rien de glorieux dans une mise en situation un peu gladiatrice, censée amusé la plèbe en enlevant l’uniformité des échanges. Lancer des insultes à une assemblée possède cela de jouissif, certainement la glorification individualiste que recherche le candidat en plus de la coquette somme d’argent à la clé. Mais cette force aussi éphémère que factice doit amuser – on n’ose parler d’envie – le spectateur pour qu’il puisse en redemander. Peut-être formule t-il secrètement l’envie lui aussi, de devenir grand et fort l’espace de quelques minutes, de pointer du doigt sans distinction particulière, une centaine de personnes tout en se moquant d’eux, crachant sur leur inculture et leur bêtise. De toute façon, que ne ferions nous pas pour de l’argent ?
Par helel ben sahar
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