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Lundi 10 avril 2006


Projet spécifiquement produit pour la France par la maison d’édition Carabas, Kickback est l’œuvre de David Lloyd, bien connu pour ses talents de dessinateur, notamment sur l’immensément reconnu V pour Vendetta scénarisé par Alan Moore (que l’on ne présente plus). A la fois scénariste et dessinateur sur Kickback, cette bédé représente un vieux rêve pour Lloyd, celui de proposer une histoire de détective, s’inscrivant dans la lignée des films noirs. L’histoire raconte l’enquête sur le massacre de dealers dans une ville sombre où la police est toute plus ou moins corrompue, à force de passer des marchés divers avec les différents trafiquants. Dans cette ville, petite sœur d’une Gotham city, la découverte de dealers massacrés est monnaie courante, mais quand cela concerne aussi les profits de la police elle-même, cette affaire créé un véritable engouement.

Le personnage principal, Canelli, est un flic qui s’est noyé dans la masse de la police et possède une certaine respectabilité. L’auteur ne nous présente pas un policier intègre, mais un homme qui a profité des avantages comme tout le monde, et ne soucie pas trop de l’aspect morale de son métier (son passé en tant que flic est loin d’être tout rose). Toutefois, Lloyd ne surligne pas trop le trait pour nous en faire un salaud notoire, mais un homme qui prend les avantages et intérêts comme il se présente, et se conduisant de manière tout à faire charmante. Point de manichéisme ou d’anti-héro primaire, mais un être humain tout simplement, qui peut paraître faible devant la tentation. De plus, l’auteur prend soin de construire son personnage grâce à ses proches (petite amie, oncle et tante). En imposant également une expérience passée traumatique, il ajoute une dimension supplémentaire qui supplante finalement l’intrigue principale.

Ainsi, l’histoire débute par une case pleine page qui illustre un cauchemar récurrent de Canelli. Tout le talent du dessinateur explose dès cette première page. Un travaille énorme sur la couleur (mélange de traditionnel et d’informatique), un trait minimaliste qui rend parfaitement l’aspect onirique de la situation et un cadrage qui joue avec notre perception ainsi que la perspective. Passé ce prologue aussi simple que pertinent, on entre de plein pied dans cette sombre histoire. L’ambiance film noir est reconnaissable au ton, aux couleurs employées ainsi qu’à la caractérisation des personnages. Le rythme est soutenu, sur un fil toujours tendu, mais Lloyd s’autorise quelques moment plus contemplatifs en rapport au passé et au rêve de Canelli. Ces intermèdes représentent bien vite un intérêt vivace où l’auteur joue admirablement avec le suspense. Associé avec l’enquête policière, le récit joue sur deux tableaux et imposent l’envie chez le spectateur à chaque case d’en savoir un peu plus.

Le découpage classique apporte un confort de lecture évident, mais surtout impose des cadrages serrés et toujours précis. Le dessinateur expose des plans remarquables, très cinématographiques. Des cadres à l’intérieur d’une voiture, par delà le pare-brise, des champs contrechamps lors de discutions et un découpage énergique pour les scènes d’actions complètent un dessin juste et impeccable. Les couleurs sont parfaitement travaillées, dans des tons relativement sombres et flous.

Kickback est un récit simple mais maîtrisé du début à la fin. Aussi bien au niveau du scénario que du dessin, rien n’est laissé au hasard. Les personnages, relativement nombreux pour un nombre de pages limités, sont tous construits, possèdent une profondeur et existent sur le papier. On se sent concerné par eux, et leur utilisation à un moment de l’histoire possède une pertinence remarquable. Réduire ainsi son récit, pourtant assez complexe et riche, à un peu moins d’une centaine de page sans que l’intrigue paraisse nébuleuse ou trop vite expédié est un petit tour de force. Lloyd prouve qu’en plus d’être un excellent dessinateur, qu’il est également un scénariste inspiré. Kickback est une franche réussite qui ne repose pas sur le hasard, mais sur un travail réalisé avec attention et intelligence.

Par helel ben sahar
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Samedi 16 décembre 2006

Une aventure qui a débuté au cinéma, avant de connaître un destin tragique. Les financiers se retirent, le film est annulé, Aronofsky entre en dépression. Parce que cette histoire lui est particulièrement importante, il décide qu’elle verra le jour quoi qu’il en soit. The fountain sera  un graphic novel. Le cinéaste réadapte son scénario, et l’offre à l’artiste Kent William. Ce dernier accueil le projet à bras ouverts et se lance dans l’aventure. En parallèle à la réalisation du livre, Aronofsky parvient à relancer la mise en marche du film en revoyant à la baisse son coût, alors adapté à de plus petites structures productrices. Le film verra finalement le jour.

The fountain est une histoire d’amour. Tout simplement. Un amour devant faire face à la maladie. Un amour voué à une mort certaine. Pourtant, le récit s’étoffe, se complexifie. Car jouant sur plusieurs niveaux. Différentes narrations, différentes époques. Mais The foutain reste une histoire d’amour. Le projet de Aronofsky se drape d’ambition, comme il exprime une part intime du réalisateur, ici scénariste.

Le travail de William est exceptionnel. Ses peintures soulignent le caractère meurtri des différents personnages. Ces visages déformés par la douleur, la colère ou la rage. Des visages fermés, à la fois nourri par de tenaces convictions et le doute face à l’inconnu. Le découpage reste simple, comme autant de tableaux successifs. L’ensemble semble un peu figé, comme arrêté dans le temps. Permettant aux ellipses de nourrir le caractère évanescent de l’histoire. Nouant les différentes époques, mais sachant les séparer par des tonalités différentes. Bien que morcelée, la narration ne souffre jamais de cette construction scénaristique et picturale. Le peintre apporte une sensibilité impressionnante, et caresse les émotions des personnages. L’intrigue, simple et complexe, se nourrit des textes sacrés pour se donner un caractère intemporel et surtout une vertu immuable. Pouvant traverser les âges, sans jamais souffrir de l’œuvre du temps. Et le travail de William d’appuyer un peu plus cette caractéristique par ses peintures.

L’histoire racontée est timidement universelle. Prenant sa source dans la mythologie chrétienne. A la fois dense et infime, simple et complexe, violent et doux, métaphysique et naturel, ambitieux et intime. Parfois, l’auteur n’évite pas certaines lourdeurs, appuie trop certains passages. Mais l’ensemble dégage des sentiments forts, des sentiments entiers. Et l’exercice du graphic novel se marie parfaitement à ce caractère spécifique.

Il devient alors difficile d’imaginer ce récit au cinéma, en mouvement. D’imaginer comment l’auteur parviendra à surmonter les difficultés qui vont se dresser sur sa route. D’imaginer cette tragédie traverser les mots pour devenir paroles. L’exercice semble presque insurmontable, mais Aronofsky ayant prévu The fountain au cinéma avant tout, rassure, et comme le cinéaste l’affirme, la version papier et pellicule sont deux facettes d’un même projet. Différent, mais complémentaire. A suivre…

Par helel ben sahar
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Mardi 17 avril 2007

Depuis quelques années, on assiste à un suicide assisté de Marvel. Qu’il prenne allure d’un génocide, d’une implosion ou tout simplement d’un retour urgent à une cohérence nécessaire, le marvelverse avait besoins d’une solution impitoyable pour retrouver sa superbe. Sur ces terres nouvellement en friche, tout ou presque est à reconstruire. Un espace sain qui permet aux scénaristes d’aborder alors des histoires selon angle permissif. Devant cette grande liberté – chaperonné par le rédacteur en chef, Joe Quesada qui souhaite à présent garder la cohésion au sein du marvelverse – on est enclin à éprouver une certaine nostalgie, ainsi que le sentiment glorifiant de pouvoir jouir d’un contexte proche des premiers scénaristes. On retrouve alors une certaine récurrence au sein de scénarii abordés. Une volonté de se tourner vers le passé pour y créer de nouvelles histoires, de trouver une inspiration ou une caution pour aborder de nouvelles intrigues. Que ce soit Illuminati (légère prequel au crossover Civil war) ou les deux scénarii de Ed Brubaker (Le soldat de l’hivers et Deadly genesis), le passé apporte des éléments féconds pour l’élaboration d’histoires ambitieuses tout en faisant un appel du pied aux lecteurs des débuts.

Bien sûr une telle position requiert des impératifs qu’il est parfois difficile de respecter. Quand il est question de bousculer le passé et tout ce qui en découle – ce qui vaut à bousculer les fans puristes et extrémistes, gardien de l’ordre établi – l’audace peut vite se retourner contre son auteur. C’est un peu le cas de Illuminati, qui développe un thème intéressant et important pour Civil war, mais qui peine à garder une logique et une cohérence. Difficile d’imaginer l’existence de ce groupe officieux (composé des sommités super héroïque), lorsque l’on se penche sur le passif des certaines intrigues. Ed Brubaker parvient à éviter cet écueil, et fournis deux magnifiques histoires, puisant directement dans des évènements importants et traumatiques que tout le monde connaît. On évitera d’aborder Le soldat de l’hiver pour préserver le suspense et la révélation, de toute façon, ce n’est pas l’objet de ces lignes. Avec Deadly genesis, Brubaker profite d’une faille scénaristique, d’un flou – volontaire ou non – qui remonte à la naissance des x mens (deuxième équipe).

L’intrigue de Deadly genesis puise donc dans les évènements de l’île de Krakoa, tout en s’encrant dans l’évènement post House of M. Une volonté d’allier le récent et l’ancien pour produire une histoire référentielle et bouleversant des convenances établies. L’envie de se replonger dans les histoires matricielles et de donner un violent coup de pied dans la fourmilière. Car Brubaker, s’il n’y pas de main morte, garde toujours à l’esprit de ne pas aller à l’encontre du passé, mais reconstruire ce dernier, en comblant les trous. Un travail audacieux, car il doit jouer aux équilibristes pour maintenir la cohésion entre les deux époques. Brubaker ne joue pas la carte du flash back, mais tente de concentrer en un seul moment, deux évènements importants. Une conciliation remarquable qui ne souffre jamais du poids des âges et d’un affreux goût de pièce récupérée des limbes. On peut se demander à quel point cette histoire était prévue. Claremont n’ayant jamais pris soin de narrer une partie de l’épisode Krakoa, il est étonnant qu’un trou soit resté vacant aussi longtemps. Une réflexion que l’on porte a posteriori, que l’on n’avait pas forcément ressenti à l’époque.

On ressent un plaisir jouissif en lisant Deadly genesis, car si le présent du marvelverse est intense et monstrueux, la convocation d’un lointain et glorieux passé provoque cette nostalgie des moments incroyables en découvrant les nouvelles aventures des étranges X men. Brubaker prend soin de ne jamais dépasser les limites, de rester dans le domaine du plausible. Il aurait été dommage de sacrifier cette merveilleuse idée pour quelque chose de plus spectaculaire. L’auteur aime l’ambition – on l’avait déjà remarqué avec Soldat de l’hiver, une histoire également monstrueuse qui bouscule l’univers de Captain America -  et ne semble pas avoir peur des défis. Il les relève avec une étonnante facilité et prouve qu’il existe encore un futur pour Marvel, sans renier son passé ou presque. Avec ces deux scénarii, Brubaker pose la question de la responsabilité des mentors, des figures principales pour leurs partenaires. Une réalité qu’a souvent occulté les scénaristes auparavant. On ne s’est guère inquiété ou presque de voir Kitty Pride, seize ans, devenir une X woman. On n’a guère relevé que Captain America prenne sous son aile le jeune Bucky. Aujourd’hui le monde super héroïque semble se draper dans le réalisme. Une impression que l’on ressent à la découverte de Civil war, où comment raconter des histoires de super héros dans notre contexte actuel sans tourner au ridicule. Marvel renforce son ton, délaisse un public jeune au profit de fans plus vieux, ayant grandi avec ces histoires. La forte impression politique ou adulte qui se dégage des intrigues récentes prouve que la firme converge en ce sens.

Le futur du marvelverse laisse place à de magnifiques perspectives, que ce soit avec Civil war ou les Astonishing X men de Whedon. Brubaker signe un scénario remarquable, égratignant un peu plus la perfection d’un personnage clé, en lui faisant endosser des responsabilités inavouables. Une caractéristique que l’on retrouve régulièrement, et le contexte de Civil war ne va certainement pas arranger les choses. Marvel continue son entreprise de démolissage, et le futur n’en devient que plus obscur. Après la découverte d’un sombre passé, le marvelverse se mut en contrée ténébreuse. Mais jusqu’où iront-ils ?

(On peut lire Deadly genesis dans le mensuel Astonishing X men #16 à #21)

Par helel ben sahar
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Samedi 28 avril 2007

A le voir, campé comme une gargouille sur le toit d’un immeuble, on se demande, de Batman ou Spawn, Moon Knight appartient. Parce qu’il a l’allure du Caped Crusader, que ses armes ressemblent étrangement à la chauve-souris aux ailes déployées. Moon Knight a choisi le croissant de lune comme étendard. La comparaison est inévitable. Mais il y a ce rapport à une divinité égyptienne, le Dieu de la vengeance Konshu. Ce besoin primaire du châtiment comme offrande à son maître. Entre vénération et esclavage, qui rappelle étrangement la position du rejeton de l’enfer. Tout comme Spawn, Mark Spector est un ancien mercenaire, qu’il a accompli de sombres desseins avant de se voir offrir une seconde chance… empoisonnée.

Le fond sert à la fois d’introduction à un nouvel arc et aux lecteurs néophytes qui découvrent ce personnage pour la première fois. La conciliation antinomique fonctionne très bien, Huston parvenant à inscrire la genèse du personnage au sein de son récit. On découvre Mark Spector au fond du trou, dans un abysse personnel qu’une vilaine blessure a plus ou moins cloué sur un fauteuil. Huston met en scène la retraite, plus que la convalescence, d’un héro. L’objet est d’autant plus cruel lorsqu’il s’applique à un personnage nourri par la vengeance de son Dieu. Un être donc agressif, qui consume son entourage par une attitude autodestructrice. Pour magnifier cet état d’esprit, Finch use d’un découpage très serré et de cadrage en gros plan pour mieux simuler l’enfermement de Spector. Et comme dans tout volume introductif, il n’est guère question de Moon Knight.

L’introspection permet aux lecteurs de percevoir le dilemme qui anime Spector. Entre désillusion et colère. Meurtrie de voir son Dieu si loin de lui et qui ne semble plus l’écouter, et frustré de sa défaite, de son échec. La honte l’envahit et l’oblige à repousser son entourage. Et dans cette approche, de pouvoir ainsi découvrir les visages récurrents de l’univers de Moon Knight. Huston parvient à équilibrer des obligations contractuelles à ses propres désirs d’auteur. D’aborder l’histoire selon une approche précise, sans sacrifier la compréhension d’un personnage que l’on ne connaît pas tous.

Le rythme particulier de l’histoire peut éventuellement dérouter. La narration laisse énormément d’espace aux tourments de Spector, à son passé revenant le hanter comme un leitmotiv toxique. Et si l’action apparaît en fin de volume, c’est pour mieux ressortir la cruauté de l’histoire, par une catharsis effroyablement intelligente. Huston joue astucieusement sur les attentes des lecteurs, et répond à leur demande sans sommation. Toutefois, les apparences sont trompeuses et la manipulation du personnage comme du lecteur n’est pas loin. Et si la révélation ne pose pas un caractère paroxystique, elle joue quand même son petit air un rien pervers.

On a ouvert ce comics pour le magnifique dessin de Finch, ainsi qu’un encrage qui lui apporte une dimension supplémentaire, et pourtant c’est l’histoire, simple en apparence, qui constitue la principale qualité. Parce que l’auteur a su jouer avec nos attentes pour mieux nous leurrer et porter son message avec une virulence à propos. La suite s’annonce coriace pour notre personnage dont la relation avec Konshu demeurera la clé de voûte. Et si Spawn n’a jamais été aussi passionnant que lorsqu’il se retourna contre Malebolgia, le futur de Moon Knight s’annonce délicieux.


Disponible dans la collection 100% Marvel.

Par helel ben sahar
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Lundi 30 avril 2007

L’apport graphique de McFarlane sur Spider-man fut conséquent. C’est en effet le premier dessinateur qui accentua l’aspect animal de l’araignée, de par des postures subjectives. Des positions que n’importe quel être humain jugerait anormales et certainement pas naturelles. Corps baissé en avant, jambes pliées et relevées, tout le geste signifie l’araignée. Car pour le dessinateur, le costume ne représente pas l’animal. L’esthétique ne sert qu’à une utilisation de l’immédiat, la perception réflexe. Pour McFarlane, lorsque Peter enfile son costume, il revêt la peau de la bête et ses mouvements, son comportement corporel s’en trouvent modifiés. Un thème qu’aura finalement repris Joe Michael Straczynski dans sa saga The Other où il tente de recomposer la dimension mythologique de Spider-man.

Dans Perceptions, Spider-man ne fait que quelques apparitions sporadiques. Si l’histoire déplace le photographe reporter Peter Parker en Colombie britannique, c’est avant tout pour l’intérêt que porte l’auteur sur le métier de journaliste, que l’utilisation du super héro. A ce titre, Wolverine tient la place principale de cette thématique secondaire. Un enfant est retrouvé mort dans la petite ville de Hope. Une journaliste découvre son corps en percutant le Wendigo – créature mythologique indienne que l’on apparente au Big Foot –  qui semblait le tenir dans ses bras. L’affaire prend une ampleur considérable avec la découverte d’un second enfant. Où comment une petite ville paisible tente de faire face à un évènement aussi tragique.

McFarlane fustige l’utilisation du journalisme pour envenimer une situation explosive. Si la thématique n’est pas nouvelle (le récit date de 1991), où l’on sème la confusion par une utilisation de la presse à des fins propagandistes, son emploi dans une série comme Spider-man possède un à propos convaincant. Le Tisseur ne souffre t-il pas d’un tel procédé ? Le Daily Buggle exerce continuellement une campagne de désinformation à l’encontre de Spider-man. On peut regretter que l’auteur manque d’y faire mention avec un peu plus de pertinence, mais ce serait déplacer un propos qui, s’il s’y apparente, possède toutefois des nuances importantes. Car si Perceptions s’intéresse évidemment au jugement hâtif et au danger des apparences, on peut trouver de fortes allusions à l’hystérie communautaire des petites villes. L’information y circule que dans un sens et provoque un aveuglement collectif que rien ni personne ne semble être en mesure de contrer.

Dans un tel contexte, les supers pouvoirs du Tisseur sont bien inutiles. L’auteur présente une situation dans laquelle la dimension super héroïque n’apporte rien de concret sinon dans une utilisation à la lisière du légal parce que la fin justifie souvent les moyens (et l’apport de Wolverine confirme cette impression). McFarlane narre et dessine un récit très riche. Il y développe des thèmes très peu usités dans les comics, spécialement ceux mettant en scène des supers héros. Parce que l’on s’attend toujours à voir débarquer un super vilain ou autres créatures fantastiques, on oublie parfois que l’humanité, dans ce qu’elle a de plus réel, est parfaitement capable d’accoucher de monstres.

Par helel ben sahar
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