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Memento Mori

Jeudi 19 janvier 2006

Ce matin j’ai vu un ange. Elle – parce que j’ai décidé que les anges seraient des femmes – me guide depuis quelques temps, elle m’aide à ouvrir les yeux sur un monde nouveau, qui pourrait s’offrir à moi, si je ne regardais pas systématiquement derrière. A présent, ce passé que j’observe depuis trop longtemps, j’ai décidé d’y déposer ses cendres ici même. C’est un théâtre, un tombeau pour mes divagations. Je sens que je vais me plaire ici, aimer fabuler au travers des mots, oser écrire pour ne pas dire mes divagations d’un temps, d’une heure. Je ne sais trop quoi narrer. Mais je sens l’obligation d’y déposer quelque chose, une bribe de mots. Et puis je suis anonyme ou presque ! N’ai-je plus peur à présent ?

Heureusement, viendront se greffer à ce tissus d’inepties, quelques articles (puisque c’est ainsi qu’ils sont nommés) plus… pertinent ? Je viendrai déposer le compte rendu culturel de mes journées ou presque. Ce soir, j’ai voulu donner un coup de pouce à quelqu’un dont j’apprécie le travail et la passion qui l’anime. Ainsi, vous pourrez lire quelques mots sur Cloaque, sa dernière œuvre.

Sinon, anecdote futile – ce lieu est aussi là pour cela : En marchant dans la rue, un homme me croise et lance dans ma direction : « j’aime pas les gothiques, je nique leur race ». Quelle charmante attention à mon égard ! J’ai passé mon chemin, sans même le regarder, jugeant qu’il ne méritait pas une telle attention. Certains se seraient probablement retourné pour entamer une joute verbale et plus si affinité. Je ne dois pas être ainsi. Et puis j’étais pressé.

Ma journée a été rythmée sur la musique de Mickey 3d – Matador, album que j’apprécie de plus en plus étrangement.

Voilà une journée qui se termine, le premier chapitre de mon Memento Mori qui se clôt. Ainsi, toujours et pourtant…

Par helel ben sahar
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Dimanche 22 janvier 2006

Marcher dans une ville qui se réveille possède un certains côté fascinant. On remarque la lancinance de la démarche qui se mue doucement en agitation. Et puis s’opère le mouvement empressé du retard. La lutte contre le temps. Ce parcours à rebours contre la montre. La nervosité qui les gagne quand tout ne s’organise pas selon leurs volontés. Quand ils se retrouvent dans une impasse face à l’environnement qui se dresse contre eux. Une ville qui se réveille est une lutte intestine contre elle-même. Contre les rouages qui se grippent. La souffrance implacable. Accompagné d’une totale absence de contrôle.

Et puis il y a ceux qui observent. Qui se félicitent. La complaisance sadique de celui qui est au calme. Le grain de sable dans la machine. Présent au milieu de ces agités. Mais qui n’attendent rien, ni personne. Serein. Voyeur de la folie matinale. J’aime être cet électron libre. Ne rien attendre sinon le réveil. Célébrer le calme avant la tempête. Et se satisfaire de la déferlante.

Tout mouvement cyclique possède sa fin pour qu’elle puisse se régénérer et reproduire son cercle infernal. La calme fait à nouveau face. Il ne reste que nous. Ceux qui n’ont pas de montres. Ceux que le temps ne parvient pas à toucher. Ceux que les minutent qui défilent n’atteignent pas. Alors nous marchons. Nous nous rencontrons, nous nous reconnaissons. Mais pour garder intacte notre liberté. Pour ne pas rompre le charme qui nous entoure. Nous nous gardons bien d’émettre le moindre signe verbale de reconnaissance explicite.

On se perd tout simplement. On est tous un peu perdu. Ou cherche t-on ? Que l’on soit l’objet de quelque chose. Je suis un instrument. Placé au milieu de la foule, peut-être recherche t-on une main ? Se satisfaire de l’instant. De la situation. Et parcourir l’immensité ridicule d’un moment. Tout ramener à sa personne. Plaisir coupable. Accusé à raison d’égocentrisme. Relevé l’attention quand elle se présente. Et plonger pour ne plus se relever. On flotte. On se laisse porter par le courant. On attend que quelque chose ou quelqu’un se passe. On regrette amèrement l’inactivité. On se félicite de ne rien faire. On regarde attentivement. On ferme les yeux. On patiente. On se ronge les sangs. On cultive sa raison, son paradoxe. On est duel pour ne rien oublier. Contradiction pour ne pas omettre. On se souvient pour oublier.

Perspicacité insalubre. Rien ni personne ne sera jamais venu. Le temps n’existe plus. Une seconde sera une minute sera une heure sera une journée sera le reste de l’éternité. Questions existentielles inexistantes. Réflexions, réfections. Infiniment grand. Microvision. Hachuré. Saccadé. Sans queue ni tête. Retour à la réalité. Le songe était si vériste. Quand le rêve surpasse la réalité, le réel n’est-il pas le songe du rêve ? Quand on souhaite mourir pour ne plus vivre, la vie est-elle la mort de la mort ? Démence salvatrice. Les questions sont la douleur sur le corps. Il rappelle l’existence. Le temps s’est achevé. Quel jour sommes-nous ?

Et puis la foule renaît. Mais sans la fraîcheur matinale, l’effet n’est plus le même. Les conditions sont perverties. Recroquevillé dans son cocon. Protégé dans sa grotte. On observe à présente derrière sa vitre. Le temps de placer les mains sur ses oreilles et ne plus rien entendre. L’image sans le son. Et les petites fourmis s’agitent pour retrouver leur maison.

Ainsi tous les matins, quand la ville se réveille.

Par helel ben sahar
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Samedi 28 janvier 2006

Tout commence comme un battement de cil. Un éclat bleu aurait suivi certains. Mais ce n’est pas le moment. Tout commence avec ce battement. Une demie seconde. Une fraction. Rien qui ne représente. Infinité dans l’espace. Mais pourtant, le début. Des sons l’accompagnent. Du bruit. Indistinct. Une goutte dans une perfusion. L’ambiance urbaine. Cachée derrière l’opacité d’une vitre trop sale pour apercevoir l’extérieur. Rassurante protection. Illusoire, mais le mirage est intact. Se cacher. Se dérober. Le temps d’un battement de cil. Ne plus exister. Rompre. Et corrompre. Le vide est l’expression du bien. Aucune surprise, aucune réaction. L’action se perd évidemment. Les coutumes, les habitudes. Les décisions se meurent. Tout se joue dans le regard. Et cette demie seconde. Tout est là. L’instant est fragile. Ephémère. Une brindille qui plie sous les bourrasques. Ne pas craquer. Ne pas craquer. Ne pas craquer. Répété comme un mensonge. Puisque l’on sait évidemment. On sent déjà la chute. Les paupières en se relevant. Traîtresses ! Le liquide s’installe. La fureur et le drame. Silence. Le courage de dire non. Le souffle dans l’appareil. Ce fantôme impose le rythme avec sa respiration. Bruyante, assommante, hypnotique. Ne pas craquer ? Quelle blague ! On est déjà en larme.

Pourquoi ? Les jeux sont-ils faits ? Miser, jouer. Notre existence dans une roulette. Patience. Quel numéro avons-nous tirés ? Quelle couleur ? Les réponses dénient l’espoir. Retourner au vide. Dans cette complaisance rassurante qui vampirise nos gestes. Le paisible factice. Ces belles pensées, ces bons mots. Jetés en pâture à l’absence de raison. Comprendre ou ne pas comprendre. Pile ou Face. Un jeu, un choix. Nous avons marché ensembles. Main dans la main. Le souffle sur notre nuque. Nous avons parié sur notre instant. Aujourd’hui, que nous reste t-il ? Des souvenirs caducs ? Biaisés ? La rancune et la colère. Et nos mains coupées. Ces bouts de nous gisent sur le sol. Les restes fumants de notre échec. Notre plaisir consumé. Lyrisme primaire de pacotille d’un fantasme risible.

Moi qui n’aie jamais vécu, que sont ces souvenirs ? Je prends la parole. Dans ce battement, je me suis reconnu. Parce qu’il ne s’agit que de cela. Le battement d’un cil. Une demie seconde. Avant que les larmes n’inondent ce visage grimé par la tristesse.  Le temps d’une nouvelle. Fuir. Retrouver le réconfort salutaire dans la virtualité. Cette expression du vide. Attendre qu’une main se tende. Et agrippe les mots. Les maux. Balayé par un revers. Ecouter. Soumettre. Comprendre. Révéler. Le chemin, le sentier est parcouru de tombeaux ouverts. Ces cadavres passéistes. Chaque carcasse est un souvenir. Le génocide d’une vie passée.

Les yeux dans le vide. L’esprit ailleurs. Se complaire dans l’inexistence d’un moment. D’une absence. De perpétuer l’éphémère. Et que grouillent ces secondes qui n’atteignent pas. Les repousser de cris, de plaintes. Et de cette larme perdue dans l’espace d’une demie seconde. Emprisonnée entre deux temps. Entre ciel et terre. Que demeure l’aride. La sécheresse. Dans un océan tari, se marie l’expression d’une esquisse et la perpétuité. Tout voir pour tout oublier. Renaître pour mieux exister. Taire les maux, la douleur, les larmes. De cette dernière, la porter autour du cou. Stigmate d’un instant déchu. Cicatrice d’orfèvre.

Ce n’était que le temps d’un battement de cil. Mais le temps passé, fut long d’une vie. Elle aura été douloureuse et amère. A présent, se referme les tombeaux. Dans cette nouvelle terre, fleuriront les pensées. Le vent taira les complaintes. Et nous, pauvres voyageurs, attendons l’arrivée du train.

Disciples d’une larme…

 

 

 

 

 

 

 

Par helel ben sahar
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Vendredi 3 février 2006

Le froid. La caresse glaciale sur sa peau. Il tremble. Sans parvenir à se réchauffer. La sensation dans ses membres disparaît. Bientôt il ne les sentira plus. Comme détaché de son corps. Arraché à lui-même. Allongé sur l’asphalte. Aucun mouvement. Sa poitrine le fait souffrir. Pénible respiration. Attendre que la douleur s’amoindrisse. Attendre. Les yeux fixé devant lui. Il sent que la mort l’accompagne. Anonyme. Presque mesquin. Etrange sentiment de confusion et de soulagement. Funestes pensées. Futile souvenir. Pourquoi pense t-il ? Comment y parvient-il encore ? Le froid a envahit son corps. Le martyrise, le torture avant de le faire disparaître. Comprendre l’handicape de membres fantômes. Sournoises parties du corps qui feintent leur présence. Bientôt il regrettera la douleur. Soumis à l’implacable réalité du froid. L’air frigide qui pénètre son corps par chaque pore de sa peau. Ne plus réfléchir. Trop réfléchir. Se perdre. Divaguer. Abonder son esprit d’inepties, de futilité. Jouer avec la perception. Craindre le retour à la réalité. Cette perplexité de l’abandon dans l’absence de la souffrance. Etablir le cahier des charges de l’évasion. S’enfuir pour oublier. Courir loin dans la virtualité. Respecter les codes, la démarche. Jouer avec les règles. Incroyable est le chemin que peut emprunter l’esprit pour s’échapper de son propre corps. Euthanasie spirituelle. Ne pas baisser sa garde. Sur le ring, le combat est rude. Chaque coup encaissé est un pas de plus vers le retour. Il entend son entraîneur hurler. Lui crier ses directives. Qui est-il vraiment ? Une manifestation de sa conscience, mais de quel côté est-il réellement ? Cherche t-il à le pousser hors du songe ? Application sournoise d’un vague instinct de conservation. Lutter pour revenir, pour prendre conscience de la vie qui quitte ce corps devenu inutile. Le froid a rongé chaque extrémité. En proie à une bête sauvage et évanescente. Tout autour de lui, elle se repent de sa chair. Sur le ring, les coups pleuvent. Il a perdu le combat. Il tente en vain de se raccrocher au cordage. De rester debout. De vaincre la fatigue. Mais le sol se dérobe sous ses pas. Chancelant, il trébuche. La dernière frappe était fatale. Les yeux grands ouverts. Le froid parvient à atteindre ses globes oculaires. Et déjà il ne voit plus.

Finalement. C’est étrange cette sensation de sérénité qui envahit le corps et l’esprit juste avant de mourir. Comme une décharge d’euphorie avant de trépasser. Réaction compatissante d’une vie qui s’éteint. Mais pourquoi ces paroles alors qu’il n’est plus ? Pourquoi les réflexions continuent-elles ? Le néant est autour de lui. Le silence. Absolution de toute sensation. Clairement, il n’existe plus. Et pourtant ses pensées vagabondent encore. Elles s’interrogent. Et ce néant. Le perçoit-il ? Le voit-il ? Cette sensation de ne rien ressentir est-elle une sensation ? Il doute. La perte de ses repères n’a plus rien de rassurant. Ne plus préférer être mort ou vivant. Mais savoir. Qu’importe la réponse pourvu qu’elle soit. L’ignorance est une torture plus grande que le froid. Qu’est-il devenu ? Un esprit sans corps ? Un fantôme, une expression du vide ? Il attend les réponses. Qu’elles sonnent dans sa perception. Qu’elles résonnent jusqu’à lui ouvrir la voie. Eclairer le chemin. Indiquer la direction. Sa patience rongée par ces questions. Il sent monter la frustration. Pénible sensation d’oublie. Est-il l’esclave d’une croyance ? Toute sa vie durant, il n’a cru qu’en l’instant présent. Il s’imagine une entité divine s’amusant de lui. Le torturant. Mais une entité divine ne s’adonnerait pas à ce genre de punition ? Arrêter de se poser des questions inutiles. Poser les bonnes. Celles qui sont constructives et qui lui permettraient d’avancer. Mais pour aller où ? La torture est insoutenable. Chaque rejet d’une interrogation entraîne une suivante. Et ainsi de suite. Perpétuel mouvement. Son esprit est un balancier. Il ne cesse jamais. Il aurait souhaité cette vision utopiste de la mort. Cette main qui se tend vers lui et l’accompagne dans sa dernière demeure. Ce monde entouré d’un halo blanc, une lumière intense qui l’enveloppe. Et le réchauffe. Finalement, ce sont sûrement quelques pas dans la démence. Il n’est pas encore mort. Il agonise. Transit de froid sur le bitume glacé. Il végète dans une inconscience et se surprend de cet instant de lucidité. Il doit simplement patienter. Juste attendre que vienne le moment. Il ne sait pas comment réagit son corps, mais il est persuadé de sourire. Ainsi, quand les autres trouveront son cadavre, ils pourront remarquer l’air serein qu’il affiche.

Comme une mauvaise rengaine. Une errance raisonnable. A tourner en rond comme un lion en cage. Attitude neurasthénique. Souffle éphémère. L’écarlate éclate devant ses yeux. Dépendant du verbe. Esclave de l’ordre. Cheveux collés devant ses yeux. L’écume au bord des lèvres. Instinct évanoui, le corps n’est plus beau. Laideur infâme d’une enveloppe de chair putride que le froid n’a pas conservé. Il suinte, s’écoule, se vide. Voilà ce qui reste d’une vie. Des fluides. De la pourriture. La poésie s’est envolée. Abaisser les paupières sur ce regard vide. Cracher quelques mots. Circonstance funeste. Aucun ange n’apparaît. Aucune main. La lumière est celle d’un lampadaire. Jaune crasseux. Devant l’émergence de cette curiosité maladive qui pousse le quidam au voyeurisme macabre, il aurait presque honte. Honte de lui-même. De son corps putréfié. Ainsi prostré au dessus de lui, il observe les réactions. Maintenant qu’il est décédé. Vraiment. La mort est une grande vérité. L’ultime compréhension. On saisit tout. Tout de soit. On comprend. Comme ouvrir les yeux. Mais ce savoir nouvellement acquis, ne dure que le temps des larmes. Même mort, on reste disciple des larmes. Rien ne dure vraiment. Fatalisme aigue ? Rejeter l’amertume, la déception. Accepter les règles, les lois. Et survivre. Mais lorsque l’effort est trop important. Quand la force est impuissante. Lorsque le courage n’y est plus. Il ne reste qu’à attendre dans le froid. Dans la caresse glaciale. Et cesser de réfléchir pour ne pas répéter les erreurs. Attendre la mort et ne pas la confondre.

J’ai ouvert les yeux et j’ai vu une main se tendre vers moi. Baignée d’une lumière blanche aveuglante. Un univers aseptisé. Chaud et rassurant. Un halo soyeux et intense le réchauffe. Et une voix qui s’élève. Venue de nul part. Quel est ce médecin qui va bientôt arriver ?...

Par helel ben sahar
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Vendredi 10 février 2006

Les murs pleuraient déjà comme j’ouvrai les yeux.

Et mes joues semblèrent leur répondre.

Quelques gouttes écarlates parmi la pluie,

Naufragée sur les rives inconscientes

Des crevasses, des grottes et l’obscur

Pour seule lumière

L’écho est mon ouie.

J’entends encore les cris de quelques maux.

Sombrer dans la passion

Avec pour seule rancœur la souffrance décroissante.

Ecoutez résonner les divers mots

Contre l’eau suintante de ces remparts !

Devinez les pleurs tapis dans les sombres

Lassés de ces chaînes qui rongent leurs chairs !

Passez votre route, détournez vous !

La contemplation des chemins joue encore de vos sens.

L’aveugle s’élève et ne se retourne jamais.

La couronne d’épines sur le chef du serpent,

Guide l’immaculée étendue

Parmi les fruits qui se consument.

Les murmures corrompent les derniers survivants

Quand les noyés tapissent sur la rive

De leur corps rongés par l’écume,

Meurtris par le reflux des vagues.

Les clous ensanglantés du premier, du seul et de l’unique,

Les échardes de bois souillées, durs comme la chair,

Du cercle, ne reste que le regard inondé du ciel

Et le fardeau indolore d’un fou.

Et une poignée de sable dans la main d’un géant

Regarde vers l’eau et ne comprend plus

La révolution terrestre, soumise, aux visions patriarches.

Nous avons marché sur la lave,

Des corbeaux au dessus de nos têtes.

Les larmes d’un soleil sur le sentier.

Les compagnons de vertige, l’escorte de la bassesse,

Ensemble pour combler la prescience.

Les reflets ont disparu dans la fumée

De nos mains, dans nos yeux crevés,

Et versent des gouttes de sang.

L’hilare de son trône à la cime

Observe, écoute, s’esclaffe de la pitié.

Son verbe est mon action,

Comme auparavant, de son sacrifié,

Les poignets semblent se souvenirs,

Des bourreaux sanglants, les présences voyeuristes,

Qui s’abreuvent de la souffrance

Et condamne l’inconnu,

Ils ne le comprennent pas !

Je ne suis pas.

Je n’ai jamais été.

L’exil est une fuite polie,

Une lâcheté respectable.

Nous avons tourné autour du soleil,

Encore et encore,

Jusqu’à paraître, s’éloigner du sombre chaos

Derrière nous ; la fumée de nos brûlures

Parfumait autant notre peau, que nos mémoires.

Par helel ben sahar
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