Le Monde de Narnia de Andrew Adamson

Publié le par helel ben sahar

Etrange film qui arme des enfants dans le but de mener une guerre, et dont le premier rite de passage sera de tuer un ennemi sous l’œil protecteur du chaperon. Une sorte de responsabilisation par la violence. Pour des enfants qui viennent d’échapper au blitz londonien, l’effet serait presque ironique. La glorification de l’élan guerrier pour récupérer par la force un trône qui est dû, et rétablir l’harmonie sur terre. Message qui s’embarrasse d’une autre métaphore, christique, où le sacrifice aura permis aux deux frères de trouver la voie par les armes pour la libération. Heureusement, dans ce monde trop poli, on ne meurt pas totalement. Bien sûr on mentionnera les notions de responsabilité, de maturité ou de resserrement des liens fraternels dans ce monde où le temps défile très vite. Dommage que l’idée d’un frère félon n’ait pas été plus retenu, elle donnait une saveur particulière au récit.

La cible enfantine y trouvera un récit riche en rebondissement, drame et humour, l’adulte suivra l’ensemble d’un œil attentif surpris d’y trouver un père Noël en receleur d’armes ou un discours très pugnace, mais l’ensemble est plutôt bien emballé pour que l’on ne souffre pas des affres du temps. La réalisation impersonnelle se marie avec les desiderata des studios sur la représentation de la violence et offre quelques séquences que l’on imagine épique pour nos bambins, et qui nous rappelleront des confrontations édulcorées de Braveheart ou Gladiator. Le monde de Narnia est un spectacle honnête. Devant son existence aux succès du Seigneur des Anneaux et de Harry Potter, il paye son tribut sans rechigner, et offre un résultat satisfaisant, pour peu que l’on ne soit pas trop exigeant.

Publié dans Cinéma

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