Spider-man : The Other de JM Straczynski

Publié le par helel ben sahar

Tout le monde connaît la genèse de Spider-man, l’incident qui lui a donné ses pouvoirs. En abordant la série Ultimate Spider-man, on peut noter de légères modifications de l’ordre de détails (on remplace l’araignée radioactive, par une génétiquement modifiée, l’idée reste de formuler la symbolisation d’une crainte actuelle), mais la naissance demeure identique. Joe Michael Straczynski explore ce contexte et dévoile une orientation différente, ou une extrapolation de l’incident. Dans The Other, il n’est nullement question de revenir sur la création de Spider-man, mais plutôt d’apporter de nouvelles réponses à des questions que l’on ne s’est jamais posés. La démarche peut paraître surprenante et surtout froisser les fans les plus conservateurs. Difficile en effet de toucher à l’icône Spider-man en lui imposant une nouvelle mythologie, sans lever une horde d’admirateurs hostiles.

Cette orientation possède le mérite de retravailler un peu l’univers de Spider-man sans user de figures récurrentes. Faire revenir un énième super vilain possède ce petit côté jouissif, mais frôle l’overdose et n’apporte rien de concret pour la série ou le personnage. Si l’on aperçoit le retour d’un ancien ennemi, c’est uniquement pour amener le récit là où l’auteur le souhaite. Parce qu’il fallait une opposition et qu’elle s’incarnait parfaitement dans l’emploi de ce personnage. Straczynski décide de créer une conscience collective autour de la figure de l’araignée. Il érige une entité totémique qui intervient dans l’évolution des pouvoirs du héro. Différents fans ont jasé autour de cette nouvelle déclinaison, prétextant une incohérence notoire avec l’histoire du personnage. Si l’on peut toujours se demander pourquoi un évènement aussi important arrive si tard, sa mise en place n’en demeure pas moins rigoureuse dans le contexte. Le scénariste bouleverse les fondements du héros, sans toutefois toucher à son passif. L’apparition de cette conscience ne désordonne point l’univers passé, mais apporte un éclairage intéressant pour l’avenir. Reste à savoir si son traitement futur sera mené avec le respect et l’intérêt qui lui est dû.

Straczynski développe la part animale de Peter. Ses pouvoirs ne sont plus seulement issus de l’incident initial, mais répondent à un schéma plus important. Pour l’auteur, les araignées possèdent un inconscient collectif, qui les regroupe sous une cognition personnalisée. Et Parker, de part sa piqûre, fait désormais parti de cet inconscient. Une avancée sur le fil par le scénariste car si son idée possède des perspectives alléchantes, elle peut également l’amener droit dans le mur. Dans le cadre de son récit, il maîtrise tous les éléments. L’annonce de la nouvelle, sa description et son utilisation concrète (mais encore non réfléchie) procèdent à une refonte en douceur de Spider-man, de sa réflexion autour de sa condition et de ce qu’il représente. Car personne encore ne s’était interrogé sur la nature même de l’homme araignée. Straczynski pose les bases d’une formidable étude qui peut bouleversé le futur de Peter Parker, mais également celui de son entourage. Car il faut désormais composer avec un être qui possède une scission en son sein (au sens propre, comme au figuré).

Dans le contexte actuel (post House of M et pré Civil War), il est impossible de se rendre compte de l’évolution. Toutefois, présageons que ce nouvel éveil entraîne son lot de perturbations dans la vie ordinaire et super héroïque de Peter Parker. Straczynski a créé un mythe dont la richesse peut se répercuter très loin dans l’univers. Avec l’annonce d’un retour possible de Peter au célibat, de sombres lendemains sont à prévoir…


La saga The Other est parue dans le mensuel Spider-man #79 à #82

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