16 blocks de Richard Donner

Publié le par helel ben sahar

Nos icônes vieillissent. Il faut bien se rendre à l’évidence que leur immortalité ne peut s’inscrire que sur la pellicule. Clint Eastwood avait ouvert le bal à deux reprises avec Space cow-boys et plus singulièrement Créance de sang. Dernièrement, Stallone a également filmé sa propre vieillesse dans le magnifique Rocky Balboa. Dans un genre plus discret, Donner donne à Bruce Willis l’occasion de rendre compte de son âge. Trop vieux pour ces conneries ? Oui et non, vu que l’acteur sera à l’affiche de Die hard, et on n’imagine pas un Mclane défait physiquement. 16 blocks n’est pas aussi radical dans sa démarche. Bien que Willis affiche sa vieillesse à chaque pas, le film ne sent pas l’odeur de fin de carrière (avec ce petit côté posthume et cette menace de mort planant au dessus de la tête). Plutôt une escale récréative, dont on doute qu’elle aura une suite immédiate.

Dans un contexte où tout semble aller vite, trop vite, 16 blocks fait figure de résistant. Son intrigue pourtant tourné vers l’action impulsive façon 24 heures (une unité de temps imposée, relativement courte, avec ce compte à rebours qui apparaît régulièrement), mais Donner résiste aux chants des sirènes et applique une bonne vieille recette. Accentuant des phases « énergiques », à des pauses introspectives où les personnages apprennent à se connaître. Un bon classique dans son déroulement, trop classique justement pour convaincre. Donner semble avoir télé transporté son film des années fin 80 début 90 de nos jours en oubliant de prendre les acteurs au passage. On se retrouve avec ce flic en pré retraire pour principal impulsion, dans une situation devenue plan-plan. A se demander si la vieillesse de Willis n’a pas vampirisé le film. Parce que malgré l’énergie inhérente de l’intrigue, on se retrouve avec un film immobile, où l’on se repose toutes les trois minutes pour reprendre un souffle que seul le flic vieux a besoin de récupérer.

Donner présente un film où seul la présence de Bruce Willis en flic vieux (même pas vieux flic !) apporte un éclairage un peu novateur. Le classique a parfois du bon, mais quand il rime avec ennui, le résultat ne fera que réveiller quelques grabataires dans une maison de retraite. Le réalisateur sous morphine patine dans toutes ses scènes d’actions, et nous, de nous ennuyer en espérant finalement que les héros crèvent histoire d’abréger notre souffrance. 16 blocks serait-il finalement une déclaration pour l’euthanasie cinématographique des héros vieillissants ?

 

 

Publié dans Cinéma

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