NCIS - suite

Publié le par helel ben sahar

La deuxième saison de Ncis s’offre un gimmick récurrent. Elle place en début de segment – correspondant aux actes définis par les coupures publicitaires, un arrêt sur image en flash forward du plan de clôture de l’acte à venir. Cette particularité formelle participe d’une volonté de déconstruire chronologiquement la série qui défile sous nos yeux. Sans jamais saborder le suspense en cours, mais en donnant une information aux spectateurs, elle joue avec notre part impatiente qui voudrait avoir une longueur d’avance mais sans jamais oser le formuler ou céder à la tentation.

Comment comprendre et percevoir un tel procédé ? Comme un jeu. Comme une enquête dans l’enquête, mais dont on serait le héro. L’image introductive sera donc celle qui conclura l’acte en cours. Et toutes les séquences qui se situent entre ces deux points sont autant d’indices pour nous permettre de résoudre cette énigme, nous octroyer quelques plans d’avance. Une précieuse information qui possède le charme d’amener le spectateur à participer physiquement au cœur de l’épisode sans contraindre son attention. Il ne faudrait pas que sa concentration soit déviée et l’obliger indirectement à perdre le fil du récit. Bien évidemment, le jeu n’est pas obligatoire. Chacun juge d’y participer ou non. Mais pris dans l’euphorie du procédé, le gimmick devient rapidement une addiction.

Armé d’une information unique, on recompose a posteriori les évènements qui ont amené cette conséquence particulière. Le jeu est suffisamment pervers pour nous donner envie de s’y frotter, tout en étant tellement avare en indice qu’il devient presque impossible de prévoir l’échéance. Concept inutile ou jeu corrompu ? Un peu des deux certainement, mais également une idée jouissive. Une pertinence bienvenue qui s’accapare le spectateur, et lui permet de s’investir dans le jeu de l’épisode comme divertissement facultatif.  Emergence d’un procédé interactif ou trouvaille astucieuse censée apporter une identité supplémentaire au show ? La réponse n’existe probablement pas, mais son existence pourrait être perçue comme une annonce d’un nouveau concept de série policière qui placerait le public comme acteur du récit en l’impliquant formellement dans la narration. Une aventure difficilement exploitable, mais non impossible et qui serait une véritable petite révolution.

Publié dans Série TV

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