A quel prix ?

Publié le par helel ben sahar

On peut s’interroger sur le marché du dvd de multiples façons. Surtout, on peut l’analyser sous différents prismes et se questionner sur son expansion impressionnante. On peut aussi se demander comment les prix de certains films parviennent à descendre si bas en un temps record. A sa sortie, le film coûtera dans les vingt euros. Approximativement trois mois plus tard, il aura perdu un tiers de son prix. Et encore trois mois après ou presque, on pourra le trouver à une dizaine d’euros parmi une pléthore d’autres titres. Cette évolution (ou peut-on parler de régression) tarifaire touche un nombre impressionnant de titres mais évite soigneusement une certaines catégories de films : Les classiques.

On peut trouver n’importe quels blockbusters américains ou comédies françaises dans les bacs pour un prix dérisoire alors que les grands classiques stagnent dans leur prix (presque) prohibitifs. Le pirate des Caraïbes ou Tais toi, Daredevil ou les Choristes, 2 fast and 2 furious ou Wasabi, tous ces films sont disponibles pour une dizaine d’euros alors que les Resnais, Truffaut, Welles, Griffith ou Wilder, non. Est-ce une question d’éditeurs ? Certainement, mais on peut aussi pousser plus loin la réflexion. La pérennité d’un film influe t-elle sur son prix ? Sa représentation dans le temps impose t-elle un traitement particulier de son prix ? On peut également imaginer que ces films que l’on nomme grands classiques se méritent davantage qu’une simple comédie de dimanche ou mardi soir que l’on regarde en famille d’un œil discret. Le travail coûteux de restauration  de tels films est-il l’unique explication de ces prix gelés ?

La culture coûte cher et son droit à la découvrir devient presque un luxe. Que l’on veuille parfaire ou créer son éducation cinéphile à travers les films qui ont donné naissance à bons nombres de cinéastes aujourd’hui, pour comprendre comment le medium évolue, pour percevoir les influences qui habitent certains jeunes réalisateurs, pour tout simplement découvrir chronologiquement l’histoire du cinéma, le besoins comme une envie de découvrir ces grands classiques possède un prix qu’il est difficilement envisageable de se permettre. La perspective que ces films amortissent bien moins rapidement leur coût d’édition est certainement la réponse la plus logique, mais depuis le temps que certains films sont édités, on peut espérer une baisse des prix plus rapide, ce qui entraînerait également une hausse des ventes et comblerait en partie ou totalement le déficit qu’une telle baisse octroie. Un raisonnement à risque, évidemment, mais que les éditeurs feraient bien de prendre en considération et perpétueraient ainsi une démarche culturelle pour la découverte de grands films à toutes et à tous.

Seul Hitchcock ou presque bénéficie de ce traitement de faveur, mais on peut voir dans cet immense cinéaste, le prototype du réalisateur classique bankable et ses films comme les blockbuster du cinéma d’antan. Aussi, n’est-il finalement pas si étonnant de voir apparaître les films du maître à un prix très abordable. Hitchcock est également un des rares cinéastes classiques à surfer sur la vague des rééditions compulsives de ses films en dvd. Certains atteignent presque leur troisième sortie. Des caractéristiques qui touchent généralement des films récents…

Publié dans Humeur

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