Horror movies

Publié le par helel ben sahar

Destination finale 2 de David R. Ellis
Détour mortel de Rob Schmidt
House of wax de James Collet-Serra
La porte des secrets de Iain Softley




Brochettes de films d’horreur se reposant sur une idée / concept et mise le reste sur un classicisme vainement efficace. Quatre films au casting identique. Figures imposées similaires : un groupe de jeunes. Chaque film tente de se démarquer du lot en invoquant la pièce rapportée. Celle donnant généralement lieu à un court métrage sympathique. Et un long ennuyeux et déjà vu une dizaine de fois.

Qu’il soit séquelle ou remake, qu’il perpétue un style ou profite d’une atmosphère équivoque, aucun ne parvient à concrétiser le concept qui les anime. Mais de l’ensemble, se dégage une particularité esthétique ou scénaristique. Un élément bénéfique qui allège la gageure du visionnage. DF2 est un véhicule à mort spectaculaire, HoW bénéficie d’un décor final remarquable et parfaitement pensé, PdS profite de l’ambiance inimitable de la Nouvelle Orléans et DM place son survival perché dans un arbre. Au-delà, le néant persiste ou presque. On peut se lamenter. Lever les yeux au ciel. Ou se raccrocher à ces détails de films à chapitres. Car les mises en situation, les personnages sont toujours les mêmes. On attend encore le film qui se fichera complètement de présenter un lieu, des personnages ou un semblant d’intrigue. Et qui entamera directement les mises à mort sans passer par cette case introductive. Peut-être tient-on là, l’expérimentation d’un fléau poussé dans ces moindres retranchements.

Un seul parvient néanmoins à se sortir de ce marasme. Il se faufile à travers les déjà-vu, en y laissant quelques plumes. Mais réussit à tirer suffisamment parti de son ambiance, sans s’accrocher désespérément aux codes. La porte des secrets bénéficie du climat lourd et magique de la Nouvelle Orléans. L’atmosphère vampirise le film et devient le personnage principal d’une histoire qui ne présente malheureusement que bien peu d’intérêt. Jusqu’à sa construction, ses protagonistes et son épilogue, le film tente de sortir son épingle du jeu. Le résultat général maladroit et laborieux – certainement dû à une écriture un rien naïve qui essaie simplement de faire peur aux moins de quinze ans – ne concrétise pas la bonne volonté qui anime cette tentative.

Les trois autres prétendants doivent leur existence à leur seul gimmick. Surtout ne pas froisser le spectateur en déviant le fil narratif vu un millier de fois ? Ne pas rompre les habitudes ? Tous sont des films fainéants, des cancres ayant copiés sur les voisins. Ces petits malins tentent d’attirer l’attention sur leur seul point significatif pour masquer les similitudes grossières. Seulement, ces analogies si frappantes sont des balles tirées dans leur propre pied. L’auto mutilation des paresseux. L’encéphalogramme généralement plat laisse toutefois entrevoir quelques pics, plus ou moins importants voire intensifs selon les films. Des sursauts de vie comme autant de défibrillations successives.

Quels sont alors ces fulgurances anémiques qui les maintient vivants ? La séquelle comme le remake repose essentiellement sur l’adage du « toujours plus ». Plus spectaculaire, plus vite, plus violent voire plus gore, DF2 et HOW ajoute de l’eau à ce moulin redondant. Bien qu’ils le fassent plus ou moins intelligemment, on est forcé d’admettre que leur schéma narratif n’offre guère de nouvelles réjouissances. DF2 perpétue finement le mythe créé dans le premier film en y ajoutant quelques éléments complémentaires plutôt malins. Seulement réinjecté dans un contexte vu un millier de fois, et surtout copie presque conforme du précédent film, cette perspective relève bien vite de l’aveuglément béat. HOW obtient un résultat tout aussi indigeste. Un début redondant et déjà-vu nous cueille à froid, tout juste réveillé par quelques morts bien brutales. Heureusement, l’épilogue qui donne son titre au film révèle une ingéniosité bien venue dans son exploitation du décor. Séquence impressionnante d’une conception savante et surtout visuellement intéressante. Dommage que le film ne se résume qu’à cet unique point et souffre d’un manque cruel de caractérisation. Le petit dernier de la classe, celui qui moisit à côté du radiateur nous propose si peu pour se satisfaire. Un contexte intéressant (une forêt), mais exploité insuffisamment, des rednecks congénitaux trop peu effrayant et une séquence dans les arbres qui rate une branche. Toutes les bonnes idées sur le papier échouent dans leur représentation visuelle. Seules les morts violentes et sadiques parviennent à nous maintenir éveillé ou presque.

Que semblent nous dire ces films d’horreur ? Quelle leçon tirer de leur visionnage ? Qu’un regain d’intérêt pour un genre possède ses dommages collatéraux ? Que sur une pléthore de films, seuls un ou deux parviendront à se sortir du lot ? Que plusieurs succès financiers d’un genre cause presque plus de mal que de bien en réalité ? Sans forcément tirer de conclusions généralistes, cette exposition du genre horrifique n’offre pour ainsi dire aucune qualité satisfaisante qui tiendrait à justifier suffisamment leur existence. Des films aussi inutiles que vains tout juste bon à alimenter les soirées de fanatiques compulsifs qui auront compiler sur dvd-r les séquences les plus gores, impressionnantes ou simplement réussie pour leur prochaine soirée pizza…

Publié dans Cinéma

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