L’effet papillon de Eric Bress & J. Mackye Gruber

Publié le par helel ben sahar

Les deux réalisateurs entreprennent de dépoussiérer le précepte des voyages dans le temps en l’associant à la théorie du chaos. Et cette tentative d’évolution impose les limites du film.

Les deux auteurs ont finalement été pris en otage par leur audacieuse idée. Victime du schéma narratif dans lequel se place le film, sans qu’aucune échappatoire ne pointe à l’horizon. D’autant plus frustrant qu’ils parvenaient agréablement à apporter du sang neuf à un genre. Une démarche louable pour une première réalisation dont ils ne ressortent ni vainqueurs, ni indemnes, mais auréolés d’un luxueux mérite.

Le deuxième titre du film aurait pu être irréversible. Un homme s’échine à modifier son passé pour améliorer un présent. Il ne doute pas que la moindre petite action enclenche une réaction en chaîne qui dépasse de loin son entendement. Les deux réalisateurs s’engouffrent dans cette spirale, sans posséder le recul nécessaire qui aurait permis au film de gagner en abstraction. L’ensemble trop rigide impose un rythme routinier. Bress et Gruber soucieux de garder intact la lisibilité de leur première œuvre, oublie ou mésestime la capacité du public à digérer le concept.

Néanmoins, l’ensemble dégage une fraîcheur bienvenue. Les cinéastes n’hésitent pas à assombrir considérablement leur histoire pour toucher des doigts l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus sombre et abject. Ils évitent soigneusement tout discours putassier ou vulgairement complaisant. Dommage qu’ils n’aient eu l’attention de prendre un peu plus de risque avec la construction de leur récit. On pense à L’armée des 12 singes. Une timidité que l’on mettra sur le compte de la jeunesse.

Publié dans Cinéma

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