Danny the dog de Louis Leterrier

Publié le par helel ben sahar

Cette énième production Besson développe tout au long de sa durée une schizophrénie imparable. Cette caractéristiques handicape si profondément le film qu’il l’empêche finalement de profiter de son sujet et de développer ses thèmes. Le film entre inexorablement dans le cadre restrictif du producteur qui annihile ainsi toute chance de visionner un film réfléchi. Besson est passé maître dans l’art de transformer un concept intéressant en programme immature. Sorte de anti-Midas contemporain qui gangrène ses productions d’une dose de puérilité indigeste comme des ressassés de fantasmes juvéniles. Nous sommes condamnés à observer avec amertume un panel d’émotions exacerbées troquées pour une formulation grossière et proche de la caricature.

Danny the dog, véhicule avorté pour un acteur, pas toujours très à l’aise dans les scènes dialoguées. L’intérêt de sa prestation, reposait uniquement sur un langage corporel (où l’acteur excelle, bien évidemment). Mais cette caractéristique réclame de l’audace, un terme absent du cahier des charges du producteur. Jet li se débat pour essayer de garder la tête hors de l’eau. Il y parvient seulement lors les chorégraphies tiennent lieu et place de scénario. L’efficacité brutale et animale sourde enfin une violence directe et sans esthétisme. Elles développent en filigrane le caractère fabriqué d’un homme réduit à l’état de bête. Cependant réduit à l’état de figure de style, leur présence est un artifice. Impossible d’être contenté par ce qui est considéré comme une frivolité.

La mainmise du producteur semble omnisciente, mais il faut croire que la soumission artistique convient également à Leterrier.

Publié dans Cinéma

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