Calamari Wrestler de Minoru Kawasaki

Publié le par helel ben sahar

L’histoire improbable d’un calamar catcheur. Loufoque, mais attachant.

On ne s’étonnera pas de la haute teneur surréaliste du synopsis, mais avec quel naturel le réalisateur parvient à nous faire accepter cet univers. Non que le monde en question relève du fantastique pur et dur ou de la science fiction, mais d’un contexte où la présence d’un calamar géant catcheur n’étonne personne. Cette particularité permet au réalisateur d’éviter les séquences pré écrites inhérentes et de placer son registre humoristique à un niveau plus quotidien, sans forcé le trait. Derrière cet aspect saugrenu, le réalisateur appose des enjeux sportifs, sentimentaux et rédempteurs. L’aspect purement comique est un passage obligé mais en aucun cas une finalité. Les enjeux, essentiellement dramatiques s’imposent d’eux même.

Calamari Wrestler n’est pas une farce. Le film exploite la reconnaissance nationale d’un sport, pour en introduire une fable sur le surpassement de soi. Un pamphlet autour du culte du corps sportif, de la victoire comme réussite sociale. Le sport est évoqué sous l’angle de l’exploitation commerciale. Les dirigeants, réduits à l’état d’hommes d’affaire, se substituent au cancer qui ronge petit à petit la noblesse qui le caractérisait au profit d’une vaste entreprise de publicité où l’on n’hésite pas à corrompre pour rentrer l’argent dans les caisses. La satire manque cependant de précision pour réellement atteindre son but.

Le film parvient à introduire le fait de présenter un calamar comme personnage principal sans sombrer automatiquement dans le ridicule. L’apparence risible du costume participe à toute une confection cinématographique, une culture que l’on retrouve ici parfaitement exploitée. La nostalgie se dégage irrémédiablement, et les sourires laissent place au recueillement lorsque les enjeux une fois atteints réveillent nos instincts les plus naïfs et innocents.

Publié dans Cinéma

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