The Shield

Publié le par helel ben sahar

Dans un épisode de la cinquième saison de The Shield, un personnage ose invoquer la régression de Mackey, d’un point de vue autoritaire. Cette affirmation semble adopter la position du spectateur : Après quatre saisons, Vic est-il toujours aussi inquiétant ? Son imposante autorité est-elle aussi vivace ? Quel est notre sentiment vis-à-vis d’une série qui a su construire un univers et des personnages convaincants, et ce durant quatre saisons ? Une série capable d’adopter un point de vue extrême dans le paysage télévisuel tout en référant une audience constante. Une série dont la qualité assidue l’inscrit parmi les plus belles réussites d’un genre. Une série qui inclut l’évolution sans renoncer à son passé. Le temps d’une petite scène, la série propose une auto analyse laissée en suspend. Une interrogation laissée au soin du spectateur. The Shield s’est forgée une réputation sur le spectacle choc et sans concession de son programme. Un show policier hard boiled qui n’hésite pas à taper fort.

A travers cette interpellation, on peut supposer que la série questionne le spectateur sur son propre degré d’acceptation de la violence, intimidation, abus de pouvoir... Jusqu’où se forme la lassitude comme tout être trop blasé pour oser s’esclandre ? Le spectacle s’est-il doucement glissé vers une veine plus politiquement correcte ou bien les codes ont-ils reculé ? La série justifie t-elle toujours sa réputation sulfureuse ?

La cinquième saison ne fait que commencer, aussi, verra t-on une réponse se profiler ? Dans le contexte dans lequel se place cette saison, il semble évident que les auteurs ne laissent pas ce point en suspend.

Publié dans Série TV

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