Papa de Maurice Barthélémy

Publié le par helel ben sahar

L’ascèse qui caractérise Papa impose aux spectateurs de jouer aux enquêteurs, le temps d’une moitié de film.  Le réalisateur décide de ne présenter que le minimum : un père, son fils, une voiture, une route et un drame. Avec ces éléments, le spectateur jongle afin de découvrir l’énigme, les clés d’un voyage. D’écrire lui-même le scénario d’une histoire qui se dessine au rythme de scènes convenues. Le réalisateur n’offre que le minimum, mais ponctue son récit d’indices, de détails, des éléments infimes mais qui constitueront un ensemble.

Le réalisateur nous montre la relation tissée entre le père et son fils (formidables performances des deux acteurs). Une relation encombrée d’une tragédie que l’on devine imposante et qui se résoudra certainement par une rédemption ou un pardon. Ce drame sous jacent aggrave un propos au préalable bon enfant comme un peu naïf. Les deux personnages principaux semblent opprimés par des non-dits, murés à cause d’un manque ou une impossibilité évidente de dialogues. Les séquences enchaînent des causeries sans intérêts, tentant de repousser l’inévitable qui n’arrivera pas aux spectateurs par les chemins espérés.

Le cinéaste résout son intrigue au milieu du film et coupe l’herbe sous le pied du public désireux pourtant de parvenir par lui même au bout du raisonnement. Cette anticipation inexplicable laisse place à un étrange sentiment dubitatif sur les réels motivations d’un récit qui passe par des situations prévisibles dans le simple but de guider le public vers la vérité. Or en contrecarrant volontairement les plans établis, Barthélemy donne l’impression de se tirer une balle dans le pied. Les limites du film explosent, les situations imposées deviennent difficilement pardonnables.

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