Team america de Trey Parker

Publié le par helel ben sahar

Il souffle un léger parfum corrosif au pays de l’oncle Sam. Les auteurs de South Park font encore des siennes et leur humour acide n’épargne personne. Ils s’attaquent au film d’action dans sa veine patriotique avec option marionnettes.

Les auteurs déversent leur fiel sans la moindre retenue et aucune subtilité sur la politique extérieure des Etats-Unis, ainsi que sur la soudaine politisation contestataire d’une infime partie de Hollywood. Ils alignent ainsi les personnalités les plus remarquées (Moore, Penn, Robins) tout en réorientant l’intrigue sur la « nouvelle » menace mondiale, le dictateur nord-coréen. Le film ne s’autorise ainsi aucune prise de position et préfère taper sur tout le monde dans cette grande mascarade.

Mais au-delà de la fiction politisée, se profile une volonté de disserter sur l’incarnation type dans les films reposant essentiellement sur l’action. Le choix des marionnettes devient alors d’une justesse imparable pour témoigner du vide qui caractérise généralement ce genre de cinéma où l’on s’empresse de mettre en scène une icône en omettant volontairement la dimension identitaire. Ces grands héros deviennent interchangeables d’un film à l’autre, et ne sont alors que de simples pantins animés reproduisant des schémas identiques.

Team America devient ainsi une œuvre référentielle qui s’appuie sur les dérives d’un pays et d’un cinéma pour nourrir son propos. Une recréation politiquement incorrecte qui joue la carte de l’excès pour dégommer de manière insolente les différentes cibles. Parfois la surenchère étouffe la bonne démarche du film, mais correspond tellement au pays incriminé qu’elle devient difficilement reprochable. La grossièreté et le mauvais goût deviendraient presque un art entre les mains de Parker.

Publié dans Cinéma

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Morena 06/11/2006 00:19

Nan mais ça va pas de faire autant de modifs d'un coup ? J'ai bien cru que je m'étais gourée de page !

helel ben sahar 06/11/2006 01:17

Ah, mais je ne fais pas les choses à moitié, moi ! Un peu de nouveauté ne fait pas de mal et je suis un éternel insatisfait...