Sheitan de Kim Chapiron

Publié le par helel ben sahar

Le film explore le choc des cultures avec enthousiasme sans en exploiter toutes les possibilités. Impossible de passer à côté de l’évidente bonne volonté du réalisateur de proposer une peinture avenante de la culture des cités, mais le tout s’inscrit bien maladroitement pour espérer convaincre. Le résultat est un objet filmique un peu bâtard qui cultive en son sein la dualité jusque dans son approche des courants cinéphiles. La comédie urbaine tente de se marier avec l’horreur rurale, comme les jeunes des cités rencontre les bouseux de la campagne.

L’absence de choix évite toute possibilité de fusion et annihile toute chance d’homogénéité. L’hésitation du réalisateur provoque cet aspect scindé qui caractérise le film et justifie en partie le mauvais marketing, incapable de vendre correctement un tel objet. Cette volonté de transcender les genres apparaît comme merveilleux sur le papier, encore faut-il être capable de la concrétiser en image. La comédie s’appesantit passé la première demi-heure, l’aspect faussement horrifique de cette campagne insolite et inquiétante jamais exploité intelligemment.

Kim Chapiron inaugure son passage au long métrage sans convaincre. Il présente une intrigue et des thème bien trop creux et grossièrement tournés pour espérer atteindre un semblant de réussite. L’absence d’enjeux formels (caméra inutilement hystériques, gros plans permanents) ne sauve pas l’entreprise déjà partie sur de mauvaises bases.

Publié dans Cinéma

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