Pirates des Caraïbes 2 – Le secret du coffre maudit de Gore Verbinski

Publié le par helel ben sahar

Pirates des Caraïbes 2 déplace l’attraction de son environnement pour le conduire dans les salles obscures.

Succès mondial aidant, l’annonce et la réalisation d’une suite demeure une logique imparable. Bruckheimer et son appétit gargantuesque n’allait certainement pas en rester là. Et l’homme de proposer deux suites tournées simultanément participe à cette emprise boulimique pour le consumérisme cinématographique.

Le premier opus, sous prétexte de l’adaptation d’une attraction des parcs à thème Disney, tentait en réalité ne renouer avec le film d’aventure mettant en scène des pirates. Légende ancestrale, trésor caché, combats épiques, participaient à cette volonté à peine cachée de réconcilier le public avec un genre tombé en désuétude. Ce deuxième volet change ses perspectives et revendique son caractère ludique né des célèbres parcs Disney. Pirates des Caraïbes 2 représente certainement le futur. Le renouvellement de l’attraction – renouvellement qui avait déjà commencé avec le remodelage des différents personnages à leur homologue de chair et de sang – passera par les péripéties qui parcourent cet opus et vraisemblablement le troisième.

Cette suite semble nous avouer l’inconsistance scénaristique qui va la parcourir et se justifie en exposant ce retour à la source principale de l’entreprise. Ses carences deviennent légitimes, sa frivolité acquittée de tout reproche et son caractère divertissant affiché avec une telle ampleur qu’elle hurle sa culpabilité par obligation. Devant un jury, le film plaiderait coupable, mais parviendrait tout de même à être disculpé sans forcer le trait. Pirates des Caraïbes 2 est la plus longue et coûteuse publicité jamais tournée. Son impotence cinématographique excède, mais son caractère divertissant associé à l’obligation de promouvoir atténue l’irritation. Non qu’elle implique l’indulgence, mais on devient forcé d’admettre que l’ensemble est plutôt bien conçu.

Dans cet océan indigeste et boulimique surnage un électron libre, qui ne répond pas au cahier des charges mais dont la présence fut tellement soulignée qu’il est devenu préférable de laisser agir à sa guise. Passé la découverte, le plaisir un peu coupable est moins intense. La continuité logique cache une ressassé de systématisme. Mais il représente le piment qui relève la recette de la fadeur générale. Johnny Depp continue son show et assure la distraction entre les scènes de promotion des attractions. Son absence entraîne le film vers le fond. Cette séquelle se repose sur bien peu, mais la prétention générale s’inscrit finalement dans cette démarche en accord avec le ludisme basique et immédiat que constitue la visite d’un parc à thème. a

Publié dans Cinéma

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article