Les associés de Ridley Scott

Publié le par helel ben sahar

Les associés de Ridley Scott

 

 

A courir plusieurs lièvres à la fois, le film finit par se perdre. Inoffensif.

Les associés reflète son personnage principal. Il cultive différents genres (la comédie, le film d’arnaque, le drame familial…) comme Cage abonde de troubles psychologiques (tics, tocs et autres dissonances psychiatriques). Le film représente une récréation pour le réalisateur. On imagine l’entreprise plus proche de l’artisanat que les dernières productions et la pluralité de l’ensemble comme un best of. Scott mixe ainsi différents styles pour assouvir son envie de revenir à des éléments simples formellement. Mais il ne peut s’empêcher de pervertir l’ensemble d’un trop plein, comme trop enthousiaste et dont le naturel reviendrait au galop.

Le film fonctionne par séquences – presque indépendantes les unes aux autres, par tranches répondant à l’axe voulu par le personnage. Lui seul, où plus vraisemblablement ses névroses, imposent le caractère de la scène. Mais là où le film aurait pu devenir le formidable écrin d’un homme malade, le résultat accumule les poncifs et les moments de grâces avec une allure métronomique.  Il sème une confusion étrange auprès du spectateur dont le doute finit par devenir embarrassant. Les séquences de comédie et de drame s’annulent, se mélangent sans logique. La fusion des genres est réalisée en dépit du bon sens. L’apprenti sorcier Scott organise son laboratoire trop laborieusement pour convaincre.

Néanmoins, impossible, le temps d’une scène, de ressentir un effroyable rendez-vous manqué. Une scène où la conjugaison des genres devient enfin justifiée. L’accomplissement relatif  de cette désorganisation et la raison pour laquelle cet ensemble hasardeux a finalement été bâti. Une séquence infime, où le personnage principal réalise toute l’étendue sadique de l’arnaque qui s’est abattu sur lui. Mais le réalisateur manque le coche et n’accorde à cette scène qu’une attention polie qui l’inscrit comme une de plus à un tableau de chasse ridiculement surchargé. Et retire toute sa portée par un épilogue inutile et conformiste. La désillusion emporte tout sur son passage. Les quelques errances que l’on pouvait pardonner reviennent sur le devant de la scène et imposent leur présence comme une persistance rétinienne. On ne retiendra finalement rien, aveuglé par la légèreté affichée d’un réalisateur peu soucieux de donner de l’importance à un petit film récréatif.

 

Publié dans Cinéma

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