Memento Mori - chapter X

Publié le par helel ben sahar

Je n’ai pas de souvenirs. Seulement des séquelles.

Une nuit, on ferme les yeux. Juste pour voir. Pour savoir. On attend, fébrile, que quelque chose se passe. Et puis on oublie. J’ai gardé les yeux trop longtemps fermés. J’ai perdu la notion. Les nuances. J’ai imaginé une main. Comme une invitation à sauter. Le temps suspendu. Mon envol effacé. Jusqu’à cette lumière qui me ramène au sol.

Le jour on patiente. Trop lentement. Trop sûrement. Un doux poison.  Une croix pour se rappeler. Ecarlate comme ce moment. Journée en deuil. Crépuscule morne. Les mains derrières le dos, le regard baissé. Et les larmes probables caressent les joues. J’ai comme une douleur. Un sombre qui ne veut pas passer. Gorge nouée, paumes moites. Estomac serré, front qui perle. Signe extérieur de nervosité. Anxiété. Jusqu’à ce que le soleil réapparaît.

Les cloisons se sont refermées sur moi. Dans ce lit vide, j’ai froid. J’ai chaud. Pensées claustrophobes. Sensations de vertige. Impressions misanthropiques. Recroquevillé, position du fœtus. Besoins de retourner dans la matrice. Ce cocon protecteur maternel. Redevenir moi. Enième appel au secours. Enième souhait de réincarnation. Nouvelles brisées. Aucune prescience. Se relever, se corrompre. Ne plus en finir. Jusqu’à ce que la douleur se taise.

J’ai régné sur des terres désolées qui n’appartenaient qu’à moi. Des espaces de vides comblés par la vacuité de mon esprit. Un règne illusoire dans un monde chimérique. Incarnation de la folie. Justification de la démence. Perversion malhabile. Un simple refuge pour compter les heures. L’ennui comptabilisé. Bilan positif. Voir le mieux dans le pire. Chercher le négatif. Développer et subir. Résultats éphémères à l’épreuve du temps. Jusqu’à ce que le temps presse.

Le cri. L’appel. Sentir l’abandon m’abandonné. Le vide se vider. En attente de la réponse. Période de transition douloureuse. La peur s’immisce. Elle flue par toutes les pores de ma peau. Comment pouvais-je savoir ? Que chaque seconde de ma vie, elle serait là pour moi. Par moi. Je n’affronte pas. Je ne joue plus. J’ai laissé les dés derrière moi. Toute ma vie, rester le même. Je ne ferai plus face. Je ne chercherai plus à comprendre. Je tenterai d’arrêter le temps. De joindre la réponse. Le bout de la route. Et sombrer à nouveau. Et sombrer.

Où es-tu quand j’ai besoins de toi ?

Publié dans Memento Mori

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Grégory Sacré 01/10/2006 15:46

:( plus de nouvelles de mon ami GN............

nini 24/09/2006 03:00

j'aime beaucoup le style d'écriture.

NovaTchoutchou 06/07/2006 21:14

Jamais bien loin ;-)