Last order et Final fantasy VII – advent children de Tetsuya Nomura et Takeshi Nozue

Publié le par helel ben sahar

 

Last order, comme prélude à final fantasy VII - advent children, est un petit bijou d’animation traditionnelle, qui parvient à exploiter un scénario infime grâce à une construction habile. En effet, évitant une narration linéaire qui aurait réduit la pertinence du propos, l’anime devient beaucoup plus ambitieux et se joue d’un suspense agréable. L’action est à l’honneur avec des luttes et confrontations impressionnantes, où les héros dépensent une énergie incroyable à arrêter un des leur devenu tyrannique. Cependant, on joue avec le récit, basculant dans un avenir et un passé proche. D’un côté on devine les raisons et le contexte de l’histoire, de l’autre, une partie de sa résolution qui laisse toutefois un suspense planant.

Last order permet de poser les bases de son grand frère, en exposant les personnages, et une portion des enjeux. L’animation, fluide et riche apporte son lot de satisfaction, pour une réussite à l’honneur de sa maigre ambition. Pour une simple introduction, les auteurs auraient pu se laisser aller à la facilité, on les félicite davantage de cette attention toute particulière.

Il n’était pas besoins d’être un fin connaisseur des jeux pour remarquer que Final fantasy n’exploitait certainement pas toutes les possibilités que le titre pouvait offrir. Le film cachait ses nombreux défauts et son cruel manque d’ambition derrière la perfection de son image. Il faut avouer qu’une telle définition demeurait impressionnante, même si la réalisation et les mouvements des personnages souffraient d’une rigidité contraignante. Le scénario affichait lui aussi de nombreuses carences stigmatisées par des emprunts grossiers à ne nombreux titres de SF. Des personnages stéréotypés et une intrigue improbable qui laissait tout le monde à la porte clôturaient un bilan limite désastreux. Il ne nous restait plus qu’à se laisser aller à la contemplation des images pour parvenir à ressentir une once de satisfaction à ce film au message d’une lourdeur assommante. Il est des raisons qui resteront incompréhensibles quant à cette catastrophe et ces nombreux choix discutables, dont le principal – et qui sera pour beaucoup dans le rejet du film par les fans – est la non exploitation ou extrapolation d’un scénario du jeux. Effectivement, la série des FF est reconnue pour sa richesse scénaristique employant des histoires riches et ambitieuses.

Finalement, et même si cet advent children s’inscrit dans le contexte vidéo ludique du titre, il n’apparaît pas comme une prestation scénaristiques incroyable et riche. L’histoire est faussement compliquée – la plus grande partie est narrée en introduction du film – et le déroulement relativement linéaire. Les enjeux ne se situent pas dans l’intrigue mais dans l’utilisation du médium et exploiter toutes les possibilités qu’il recouvre. L’animation en 3D photo réaliste présente, par ces avantages et son absence de limite, la nouvelle révolution du cinéma d’action. Toute la richesse de ce film se trouve dans l’exagération visuelle qui confine à une jouissance accrue. Des scènes d’action dantesques, rythmé sur presque deux tiers du film – toute la dernière heure pour ainsi dire – relevé par une réalisation physiquement impossible qui permet des plans et séquences absolument grandioses. La caméra effectue des mouvements inhumains – tout comme les personnages – épouse l’action avec une visibilité déconcertante. Le tout relève de la prouesse technique, de l’éclate comme rarement aura été vu au cinéma. Parfois, on peut ressentir une certaine exagération (le premier combat dans l’église), quelques effets superflus, mais c’est chipoter un résultat qui dépasse de loin toutes les espérances et impose un nouveau chapitre dans l’histoire du cinéma d’action. L’inventivité est incroyable, les personnages usent de tous les ressorts qu’ils ont a disposition pour frapper, contrer, éviter les assauts qu’ils subissent. Certaines combinaisons de mouvements touchent à la grâce, surtout lorsque l’équipe lutte de consort.

Final fantasy advent children est un merveilleux film formel qui ne se repose pas sur un scénario contraignant, mais prétexte à un déluge d’action à la portée émotionnelle finalement forte. On ressent tout de même une certaine empathie pour les personnages, juste ce qu’il faut pour se sentir concerner de l’évolution des combats, et victime du suspense quant à sa conclusion. Visuellement, le film est un régal, peut-être pas aussi précis dans le détail que son prédécesseur, mais apporte une osmose dans son rapport mouvement image qu’il n’y avait pas dans le premier film. Les personnages possèdent enfin une existence palpable à l’écran, et ce malgré leur temps maigre de dialogue ou de contemplation. Ils parviennent à se construire dans les scènes d’action. On peut seulement regretter l’ajout de deux protagonistes à l’humour bien dispensable. Heureusement, leur temps de présence est limité et leur apport tout aussi moindre.

Grâce à cet anime, on peut espérer voir germer dans l’esprit de producteurs et réalisateurs, des attentions de recourir à un exercice similaire pour réaliser un film d’action réellement spectaculaire. Ce medium dispose de nombreuses qualités principales dans l’élaboration d’un film (budget inférieur, possibilités infinies), pour des défauts presque inexistants. Final fantasy advent children est une indéniable réussite, qui laisse des perspectives très grandes pour l’avenir, et un plaisir immense lors de sa vision. Rarement la démesure aura trouvé un tel écho à la lisibilité de l’image, et la cohérence d’une réalisation innovante. FFAC est monstre d’action rentre dedans, de scène jouissives au possible, un condensé de tout ce qui fait saliver les fans, un concentré de puissance, à l’ambition formelle impressionnante.

 

Publié dans Cinéma

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