Cradle of filth - Nymphetamine

Publié le par helel ben sahar


Nymphetamine est finalement le premier album de Cradle soit décevant. Pourtant, tout laissait présager un bon cru. Un titre énigmatique, contraction de Nymphe et Amphétamine. La naissance de l'union de ces deux termes correspondait plutôt bien aux visions successives du groupe, cette addiction au sexe ne jurerait absolument pas avec leur ambiance romantique, de même qu'une certaine grandiloquence toute Damnationienne.

Malheureusement, le virage que le groupe avait opéré insidueusement sur Damnation and a day, prend ici tout son sens. Devenu référence première des compositions, le côté Heavy, jusque là plutôt sous-jacente comme influence, influe toutes les compositions de l'album, les structures et assure toutes les mélodies.

Les claviers sont les premiers sanctionnés. Alors principale force de COF, ils sont quelque peu bannis, cachés en arrière plan et peinent à assurer l'ambiance. Ils ne participent plus à la composition, mais tiennent davantage une place de faire-valoir qui ne leur sié guère. En procédant ainsi, COF perd grandement, pour la première fois, des morceaux apparaissent creux et vides. Le groupe laisse des blancs là où des nappes de guitare apportaient leur soutient, des riffs sortis tout droit des mouvements heavy des années 80 font leur apparition et plutôt que s'affirmer avec subtilité au sein de la vision musicale du groupe, ils s'imposent lourdement, prennent posséssion des morceaux et appliquent une dictature tortionnaire. Cradle devient une vision heavy/black des plus classiques, sans réelle saveur.

Plusieurs regrets sont également présents. Dany utilise de plus en plus d'effets sur sa voix et perd en force de persuation quant à ses intentions vocales. Les différents émotions qu'il dégageait sur de précédentes compositions  disparaissent, et semblent vouloir palier une faiblesse de sa voix, par une superposition de différents types de chants - parlé, black, death. Pour finir, l'ulisation d'influences heavy ne correspond finalement pas du tout à ce que le titre laissait présager. Alors que sur tous les précédents disques du groupes la musique servait admirablement les textes et l'image que voulait transparaitre Dany, autant sur ce disque, on reste dubitatif sur un quelconque rapport évident ou non. Que l'on puisse voir apparaitre des effets electro-hypnotique pour affirmer davantage le sensation addictive, pourrait sembler tout à fait justifier, ainsi que des passages plus intimistes - vieux piano - ou même des influences baroques, du dandysme, Cradle faisant référence dans leurs titres à l'absinthe ou faust.

Au final ressort de ce disque, une pointe de déception, d'autant plus grande que les compos recellent de passages magnifiques parfaitement maitrisés. Des envolées lyriques comme nous avait habitué le groupe précédemment. Malheureusement trop éphémères pour subsister dans les consciences et ainsi présager des qualités réelles. Au pire, se laissera t-on aller à une certaine condescendance vu les antécédetns du groupes, ou subjuguer par l'euphorie immédiate que procure la première écoute. Ecrire à chaud, sans recule permettrai effectivement de se laisser berner par des mouvements illusoirs, de simples mirages, sitôt disparus quand on s'approche un peu plus près. On peut espérer finalement une prestation live pour voir comment le groupe réinterprétera ces dernières compos, en espérant y voir apparaitre un lifting Black qui ne serait pas désagréable et préférable...

Publié dans Musique

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