Western - part 2

Publié le par helel ben sahar

Pas de pitié pour les salopards de Giorgio Stegani

Ce western mineur ne présenterait guère d’intérêt s’il n’y avait pas la présence de Lee Van Cleef au générique. Ce dernier habite l’écran, son charisme étouffe tous les autres acteurs, sans que Cleef ne paraisse vouloir se tirer toute la gloire. Sa stature d’homme usé, son visage un peu marqué et son attitude entre bandits au grand cœur et salop en puissance apporte au film une dimension positive. L’intrigue se suit avec plaisir, la réalisation est juste, sans toutefois parvenir à dépasser le statut d’illustration dans laquelle elle se complait. On ne pourrait guère faire de reproche techniquement, mais on remarque tout de même que le métrage ne possède pas une vision, un auteur derrière la machine.

Ainsi se place le récit, dans une facture classique mais pas désagréable. L’action y est présente et s’assume parfaitement. Le filmage sait déployer l’énergie nécessaire pour nous convaincre. Les personnages – qui tiennent le film, plus que l’intrigue – sont très affirmés. Ils possèdent une caractérisation, qui les rend peut-être un peu trop monolithique, mais qui facilite l’identification. On se retrouve alors avec le jeune premier, les seconds couteaux, la belle et les méchants. Et ce ballet savamment construit – la figure ennemie du film mettra du temps à apparaître – distille des scènes savoureuses.

Pas de pitié pour les salopards est une histoire de rédemption, et d’amitié. Le propos est relativement naïf, mais l’énergie déployée est telle, que l’on accepte volontiers ce penchant simpliste. Et puis, la seule présence de Lee Van Cleef emporte l’adhésion, bien loin de toute considération objective. Un western qui ne marque probablement pas les mémoires, mais qui possède suffisamment de points positifs pour sortir la tête de l’eau.


Alvarez Kelly de Edward Dmytryk

L’histoire place un homme, conducteur de bétail, entre les deux camps Yankee et Sudistes. Et le film, étrangement, de valser entre diabolisation et valorisation des Sudistes au fur et à mesure que le métrage avance. Cette volonté d’apporter finalement un positivisme, alors que tout le film les présentait comme l’ennemie, les hommes cruels, sans foi, et ce par l’intermédiaire du personnage principal, étonne au préalable, mais devient finalement logique lorsque l’on se rend compte de l’enjeu réel du métrage. Ici, il n’est pas vraiment question de victoire sur le camp adverse, mais plutôt un instinct de conservation paroxystique. Le comportement de l’homme devient animal lorsque sa considération principale est celle de se nourrir pour subvenir à ses besoins. Dépassant le cadre de la raison au profit d’une attitude purement animale, il s’adonne alors à un comportement bestial que la raison a quitté depuis trop longtemps.

Le métrage possède un problème de rythme assez contraignant qui ne favorise pas l’implication du spectateur. Le film se veut riche, mais le traitement est réalisé un peu trop en surface seulement pour convaincre. Deux ou trois sous intrigues – qui se marient parfaitement au contexte – peinent à pleinement trouver sa place au sein de l’histoire sans paraître ajouter. Le tout manque cruellement de naturel, et finalement, encombre le film là où il devait l’enrichir. Ainsi, pointe l’ennui à plusieurs reprises. Mais le réalisateur explose totalement lors de la scène finale. Une impressionnante scène de bataille qui voit débouler du bétail à toute allure et en grand nombre. Rien que pour cette scène, le film mérite d’être vu, et le spectateur souffrant quelque peu du film se retrouve récompenser. La réalisation reste assez illustrative lors de cette séquence, mais il n’est guère besoins d’en rajouter. On peut éventuellement regretter certains plans répétés un peu trop souvent, mais ce serait pinailler.

Alvarez Kelly est un western qui ne peut convaincre qu’à moitié. Heureusement, son final absolument remarquable termine le métrage sur une note positive. Même si le côté girouette du film, par l’intermédiaire de son personnage principale peut étonner, voire déstabiliser, l’ensemble est satisfaisant.


L’homme du Kentucky de Burt Lancaster

Je n’affirmerai mon propos sur ce film, je ne l’ai pas vu en entier. Son discours trop gentillet pour ne pas dire simpliste a eu raison de ma patience et de mon attention. L’attitude du personnage principale sonne étrangement naïf, à tel point que le jeune fils paraît étrangement plus mûr que son père. Le manque de rythme évident n’arrange certainement pas les choses, ainsi qu’une réalisation impersonnelle et contemplative.


L’homme de loi de Michael Winner

Il suffirait presque de lire le nom du réalisateur pour comprendre à quel film on doit s’attendre dans ses grandes largeurs comme dans ses détails. Et cela ne rate pas. Le film présente un homme de loi (cela ne s’invente pas) aussi rigide que peut l’être la loi. Il ne possède aucune épaisseur, aucune nuance dans son appréciation, aucune trace d’humanité dans son attitude proche de la robotique. Le personnage de Lancaster représente un mixe antérieur de Robocop et Judge Dred à faire passer ces derniers pour des bisounours ou enfants de chœur.

L’intrigue narre l’arrivée en ville d’un shérif dans le but d’arrêter quelques hommes ayant commis dont l’attitude ivre suite à une soirée trop arrosée a entraîné la mort accidentelle d’un vieil homme. Le côté absolument pervers du métrage réside dans la caractérisation des personnages. En effet, l’unique (ou presque) personnage possédant une once de vie s’avère être le méchant de l’histoire. Face à l’attitude monolithique de Lancaster, l’empathie opère sur le riche homme, au point de se sentir vaguement honteux. Ce dernier espère simplement racheter son « erreur » à coup de billets de banque, quand le shérif ne possède pas la moindre indulgence. L’homme de loi devient alors un film désagréable dans son propos, là où la forme un peu austère du filmage de Winner est en parfaitement adéquation.

Mais il ne faudrait pas prendre ce film au premier degré, mais avec le détachement un peu humoristique qu’il réclame finalement. Le film peut effectivement paraître facho (quel film de Winner ne l’est pas un peu ?), mais avec le recul, le tout se transforme en une blague une peu potache sur la dimension héroïque du shérif et son rapport au monde qui l’entoure. Que dire de ce final, sinon qu’il faut le prendre au millième degré ?...


to be continued...

Publié dans Cinéma

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