American Idol

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American Idol, l'émission qui a consacré le télé crochet. Des audiences folles et une existence longue de sept années maintenant. Le concept s'est internationalisé, avec l'émergence des Britain Idol, Australian Idol... et chez nous, A la recherche de la nouvelle star, récemment renommée en Nouvelle Star. De cette compartimentation comme une barrière à la mondialisation, on remarque que les vainqueurs ne s'exportent pas. Qui connait le gagnant de la saison 05 de American Idol ? Pourtant, ils vendent des milliers d'albums, sont multi disque d'or et autres matières précieuses et jouissent d'une agréable popularité. Même les candidats qui ont échoué aux portes de la gloire repartent tout de même avec les honneurs et un indice de popularité important.

La consécration des gagnants et des finalistes se trouvent dans l'élaboration de leur statut de célébrités. A l'inverse des autres téléréalités, leur talent s'exprime par le travail, et par leur capacité à émouvoir, se faire aimer, pratiquer une communion avec le peuple (avec plus de 30 millions de votes pour American Idol, on peut parler de peuple plus que d'audience). Il n'est plus seulement question de faire briller sa frimousse sous les projecteurs, mais bien d'exploiter son talent avec intelligence et persévérance. Et nous spectateur, de ne pas s'extasier devant l'exposition inintéressante du quotidien, mais seulement devant la prestation pure. Une forme de valorisation de la valeur travail, mais uniquement dans le résultat et non dans l'aspect didactique ou l'apprentissage.

Mais ici, ce n'est pas toujours le meilleur qui gagne. Soumis aux votes du public, on entre de plein pied dans l'injustice, avec des éliminations ou sauvegardes injurieuses ou à côté de la plaque. Comme une élection où l'on ne peut s'empêcher de penser que la voix du plus grand nombre n'est pas toujours la plus juste ou pertinente. Car s'il est intéressant de mesurer la capacité du candidat à instaurer une relation avec son audience, il ne faut pas que cette dernière impression prenne le pas sur ses talents de chanteurs/arrangeurs. Et chaque année, il semble qu'un participant entre dans ce cas de figure.

Car dans cette démocratie participative, les principaux artisans n'ont pas la main et encore moins le pouvoir décisionnaire. On leur demande leur avis, éclairé ou non, tout dépend de la personnalité du jury en question, mais en aucun cas ils n'auront le dernier mot. Le pouvoir au peuple ! qu'ils disaient. Evidemment, on pourrait entrer dans le récit de complot et crier comment toute cette mascarade est secrètement orchestrée par quelques puissances tapis dans l'ombre, où les candidats ne sont que des pantins animés par le seul souci du consumérisme, où l'on donne l'impression au peuple qu'il participe à l'élaboration d'une future star. Quand la paranoïa s'invite, tous les discours sont possibles. Mais il existe une telle différence, physique, comportemental, racial dans les choix proposées, que l'on se dit finalement, que l'apparence n'entre que peu en compte. Aucun formatage télévisuel, mais la pluralité.

American Idol
peut être vue comme une émission politique, où les candidats expriment leur programme à travers les chansons choisies (selon un thème précis) et leur interprétation. Dans la série Mad Men, les auteurs ont tenté de démontré comment les élections présidentielles, qui voyait s'affronter Nixon et Kennedy, s'étaient jouées sur les campagnes publicitaires télévisuelles. Avec American Idol, on retrouve l'essence même de cette impression. De la détermination de la télévision à jouer un rôle essentielle, comme la tribune parfaite pour l'élection d'une star (présidence comprise).

Publié dans Série TV

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