Inter-Réaction

Publié le

La capacité de réaction de la publicité est souvent remarquable. Où comment une grande enseigne se sert d'un buzz d'à peine deux mois pour lancer sa nouvelle campagne.

Flash-back : Au mois de février, la psychose était à son comble, les prix de l'alimentaire flambait ! Alors que le pouvoir d'achat demeure la principale préoccupation des français, un événement traumatique allait créer une vague de crainte. Et les chaînes de télévision comme la presse écrite de s'engouffrer également dans la brèche. On multiplie les reportages, les micros-trottoirs, on invente des émissions ayant pour thème les économies (aller se soigner en Roumanie pour payer moins chers les frais médicaux...) et on invite même Mr Leclerc sur le plateau de France 3 édition nationale vers 13h. Les proportions sont énormes, les politiques tentent de calmer le jeu, les distributeurs crucifient les producteurs quand ces derniers stigmatisent le rôle ingrat des premiers. On ne parle plus que de cela.

Et puis comme d'habitude, le soufflé est rapidement retombé. Un événement chasse l'autre comme le vent tourne. Pourtant, cette mini-crise a fait prendre conscience aux enseignes de la grande distribution d'un certain malaise du consommateur. Il faut donc frapper pour remettre ses clients sur le droit chemin. D'abord, l'aide (indirect ?) de la télévision où l'on apprend que les discounts alimentaires ne sont pas si discount que cela (un reportage biaisé d'entrée de jeu puisqu'elle ne compare que des produits de marque, prendre ceux de l'enseigne et on voit tout de suite la différence). Et puis une campagne massive où il faut rassurer le chaland.

Intermarché (enfin, les publicitaires) a décidé de se la jouer fine. Une façon très simple de se décharger de toutes responsabilités quant à la hausse des prix. Une façon d'assurer son intégrité et son honnêteté auprès des consommateurs. En rebondissant sur l'actualité plus ou moins direct, en rappelant le cauchemar des français. Le principe est simple, peu coûteux dans les faits, et très efficace. Elle répond exactement à l'attente du public concernant les produits alimentaires (ou non) courants qu'il achète : Montrer un produit quelconque (café, lessive...) et imprimer, directement sur le produit, son prix. Et la petite phrase qui va bien (citation approximative) : Chez nous, les prix ne s'envolent pas, ils sont imprimés aux produits.

Et voilà comment on se sert d'une psychose pour fomenter son nouveau coup publicitaire. Jouer sur la peur, et rassurer dans un même mouvement. Tout en pointant du doigt indirectement les concurrents qui ne pratiquent pas cette méthode, et qui peuvent donc, à notre insu, augmenter ses prix. La publicité est un univers merveilleux, on pourrait en parler des heures, voire des jours, sans jamais épuiser le sujet.

Publié dans Humeur

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article