2007 || 2008

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Il semblerait que l'on annonce que l'âge d'or des séries touche à sa fin. Du moins, c'est ce que l'on entend depuis une ou deux années, maintenant. Il est vrai que certaines séries emblématiques sont arrivées à leur terme. Six Feet Under, Sopranos, Sex and the City, toutes des séries HBO, mais cet âge a justement commencer par l'entremise de la chaîne du câble. Et sa difficulté à renouveler ce triplé gagnant semblerait être la principale justification des alarmistes. Si la réputation de HBO n'est pas ternie, parce qu'elle continue de proposer des programmes de qualité (The Wire pour encore une année, Big Love...), aucune de ses récentes créations ne renouvellent le consensus autour des premières citées.

En réalité, il faut se tourner du côté des concurrentes du câble pour trouver l'héritage de HBO : Showtime, FX ou la récente AMC. Ces dernières sont responsables des plus belles créations de ces quelques années : The Shield, Damages, Breaking Bad, Mad Men, Californication, Dirt, Dead Like Me, Dexter, Rescue Me... Autant de réussites singulières pour des séries exigeantes, qui n'entreraient pas dans le cadre d'un Network. Sans la renommée méritée de HBO, point de salut chez les concurrentes. Et dans les séries citées, seulement deux sont antérieures aux deux dernières années. Alors, l'âge d'or est vraiment terminé ?

Mais l'on retrouve également quelques perles sur le champ plus commun des Networks. Pour cette saison 2007/2008, saison entachée par la grève des scénaristes, une poignée de nouveautés succulentes à se mettre sous la dent : Life, Chuck, Pushing Daisies, Le trio gagnant de cette année. Trois séries à l'atmosphère totalement différente, reposant sur une qualité formelle ou scénaristique très travaillée. Life, où la vendetta d'un flic devenu zen lors de son emprisonnement injuste, Pushing Daisies, cette fable fantaisiste dont l'univers semble porter la marque de Tim Burton, où un homme possède la faculté de ressusciter les morts en les touchant, pendant une minute, au delà, une tiers personne devra mourir. Et Chuck, véritable plaisir pour geek dans lequel un nerd (Chuck) upload dans son cerveau l'intégralité du disque dur de la CIA. Totalement improbable tout en étant super référentiel. Donc forcément génial.

Dans les réussites plus confidentielles ou partielles, on notera Reaper, parrainé par Kevin Smith. On reconnaît la patte du réalisateur, on peut seulement être déçu que l'histoire n'évolue pas un peu plus, répétant le même schéma narratif. Private Practice, spin off de Grey's Anatomy, qui parvient à surpasser sa grande sœur avec une écriture plus mature, plus adulte et qui, sans pourtant rien apporter de nouveau, parvient à imposer une précision dans les différentes histoires racontées étonnantes et appréciables. On attendra d'en découvrir un peu plus concernant les récents Eli Stone ou New Amsterdam. Si la première offre déjà de charmantes perspectives, avec cet avocat souffrant d'hallucinations, on restera plus réservé concernant l'improbable policier immortel grâce à une expérience shamanique et cherchant l'âme sœur pour enfin pouvoir vieillir.

Côté douche froide, la bonne idée de perdurer l'univers de Terminator dans une série n'est pas concrétisé. Un pilot énergique et prometteur pour une série qui s'évente dès le second épisode. En revanche, K Ville ne méritait pas un si glacial accueil. Si les enquêtes policières n'offraient guère d'intérêts, la série valait surtout pour le contexte local, la Nouvelle Orléans post Katrina, et des personnages intéressants. Une série qui s'appréciait au fur et à mesure des épisodes, mais sa facture classique pour un sujet encore un peu trop vif dans les mémoires a eu raison d'elle.

Les grands gagnants sont donc les séries du câble : le thriller judiciaire Damages, la reconstitution '60s Mad Men, Californication et son humour incisif et le jusqu'au boutiste glaçant Breaking Bad. Avec ce quatuor, on atteint un haut talent d'écriture, une formidable mise en image et une interprétation solide.

Publié dans Série TV

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