Memento Mori - Chapter V

Publié le par helel ben sahar

Les murs pleuraient déjà comme j’ouvrai les yeux.

Et mes joues semblèrent leur répondre.

Quelques gouttes écarlates parmi la pluie,

Naufragée sur les rives inconscientes

Des crevasses, des grottes et l’obscur

Pour seule lumière

L’écho est mon ouie.

J’entends encore les cris de quelques maux.

Sombrer dans la passion

Avec pour seule rancœur la souffrance décroissante.

Ecoutez résonner les divers mots

Contre l’eau suintante de ces remparts !

Devinez les pleurs tapis dans les sombres

Lassés de ces chaînes qui rongent leurs chairs !

Passez votre route, détournez vous !

La contemplation des chemins joue encore de vos sens.

L’aveugle s’élève et ne se retourne jamais.

La couronne d’épines sur le chef du serpent,

Guide l’immaculée étendue

Parmi les fruits qui se consument.

Les murmures corrompent les derniers survivants

Quand les noyés tapissent sur la rive

De leur corps rongés par l’écume,

Meurtris par le reflux des vagues.

Les clous ensanglantés du premier, du seul et de l’unique,

Les échardes de bois souillées, durs comme la chair,

Du cercle, ne reste que le regard inondé du ciel

Et le fardeau indolore d’un fou.

Et une poignée de sable dans la main d’un géant

Regarde vers l’eau et ne comprend plus

La révolution terrestre, soumise, aux visions patriarches.

Nous avons marché sur la lave,

Des corbeaux au dessus de nos têtes.

Les larmes d’un soleil sur le sentier.

Les compagnons de vertige, l’escorte de la bassesse,

Ensemble pour combler la prescience.

Les reflets ont disparu dans la fumée

De nos mains, dans nos yeux crevés,

Et versent des gouttes de sang.

L’hilare de son trône à la cime

Observe, écoute, s’esclaffe de la pitié.

Son verbe est mon action,

Comme auparavant, de son sacrifié,

Les poignets semblent se souvenirs,

Des bourreaux sanglants, les présences voyeuristes,

Qui s’abreuvent de la souffrance

Et condamne l’inconnu,

Ils ne le comprennent pas !

Je ne suis pas.

Je n’ai jamais été.

L’exil est une fuite polie,

Une lâcheté respectable.

Nous avons tourné autour du soleil,

Encore et encore,

Jusqu’à paraître, s’éloigner du sombre chaos

Derrière nous ; la fumée de nos brûlures

Parfumait autant notre peau, que nos mémoires.

Publié dans Memento Mori

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