Beirut The Flying Club Cup

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On avait quitté Beirut le cœur gonflé à bloc par cette musique unique et intime. Album de l'année 2006 dans un panthéon personnel. Mélange improbable de pop et de musique tzigane d'un jeune garçon du Nouveau-Mexique. Une musique fragile, mais capable de soulever des montagnes. Seconde livraison pour Zack Condon, après une année éprouvante à jouer sur les scènes du monde entier. A tel point que le jeune homme y a laissé un peu de sa santé, devant interrompre son tour de chant juste avant la date française pour cause de surmenage. On sent le garçon impliqué dans ce qu'il fait, vivant sa musique à peu près autant que nous. Mais d'une manière que seuls les musiciens doivent comprendre. On était inquiet, soucieux de savoir comme Zack Condon allait s'en sortir. Et surtout, comment allait-il gérer sa soudaine notoriété.

Passé l'introduction d'une sirène annonçant l'arrivée sur les côtes, on débarque dans The Flying Club Cup par la ville de Nantes. Première étape d'un voyage éclair mais intense dont on ne sortira pas indemne. Beirut, c'est un peu l'aspect positif de la mondialisation.  Des frontières abolies sous le seul prétexte artistique. Car si le voyage commence par la France – principale inspiration – on ne s'attarde pas. Une vision de la France passéiste, mais surtout pas rétrograde ! On n'est pas dans l'imagerie d'Epinal propre aux américains de cette France bloquée dans un espace temps indéfini où l'on porterait toujours béret et bretelles et se déplacerait en 2CV ou mobylette. La volonté de Condon réside dans l'illustration d'un temps, d'une époque. Dans ces sons particuliers et tellement expressifs. Regorgeant d'insouciance et de liberté, teinté par une légère mélancolie. Ou de nostalgie. On passe de Nantes à Cherbourg, par La Banlieue, on a le droit à un Dernier Verre ou aux Penalty. On voyage, on s'arrête, on observe. Et surtout on ressent. Car si les chansons qui composent ce nouvel album s'inscrivent dans une structure plus Pop, Beirut ne perd pas de vue l'incroyable pouvoir qui l'habite. Celui de délivrer des émotions incomparables. Nées de ce mélange des genres.

Ces chansons plus Pop permettent à Zack Condon de briller au chant. Le précédent album laissait place aux chœurs évanescents tout droits sorti d'un bar qu'une ambiance festive et éthylique embrumait. Dans The Flying Club Cup, on est plus dans la vignette, la carte postale sonore. Une autre façon de concevoir le voyage. Il n'est plus question d'infiltration, mais d'une vision d'ensemble quoique précise. Son chant nous transporte. Nous accompagne et nous colle tous ces frissons. Comme une caresse sur l'échine. Sans toutefois oublier de convier ses invités pour un final enivrant. La célébration de la fin du voyage. Chanté dans la liesse générale pour un morceau dont on ne souhaiterait la fin. De vouloir entendre à nouveau la sirène, d'entrer dans Nantes. Chanson magnifique, peut-être la plus belle qu'ait signée Zack. Il n'y a pourtant jamais mis les pieds, mais il faut croire que son évocation ait suffit à lui inspirer cette merveilleuse mélodie.

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