Burial - Untrue

Publié le

Certains albums s'épanouissent la nuit. Et de préférence très tard. Quand toutes les lumières sont éteints.  Lorsque l'on se retrouve seul au milieu du silence. C'est dans ce paysage endormi, que la musique prend toute sa dimension.  Qu'elle se révèle. En puisant dans l'obscurité et le vide, pour délivrer tous ses charmes.  Untrue de Burial fait parti de ces ouvrages. Un disque résolument nocturne. Dubstep ou dark-house minimaliste, la musique de Burial s'étreint dans le noir le plus complet.  Pourtant, il suffirait de fermer les yeux et de se laisser emporter. Mais il manquerait ce petit quelque chose dans l'atmosphère. Cette sombre effusion  qui révèle certains aspects de nos personnalités. Et c'est justement ce que tente de souligner Burial.

Les couches sonores sont plurielles, mais l'ensemble repose sur une structure minimaliste. Un rien précaire. On est loin des agencements très pensées de la musique électronique.  Mais plutôt dans le bricolage. Le collage de petites boucles. Parfois un rien grossier dans les enchaînements. Mais ces petits défauts volontaires participent à la réussite du disque. En utilisant une technologie limitée, Burial délivre la musique électronique d'une rigueur trop inexpressive.  Et lui redonne visage humain. Pourtant,  il y règne une désertification. Les voix ne sont que des suppliques déformées. Passées par le miroir déformant du vocoder. Et se répètent inlassablement.  Où l'humanité se ressent synthétique. Il règne une ambiance de fin  du monde. Triste et désolé, que des machines tentent de reproduire avec maladresse.  Hypnotique et entêtant, les compositions tournent autour de figures fixes. Et de cette récurrence persistante, naît cette sourde beauté un peu grave.  Quelques interludes tentent de raviver la flamme.  Moments en apesanteur où le monde semble s'arrêter. Mais le mal est fait. Et ne reste que les échos de mélodies répétées à l'infinie.

Untrue possède ces rares qualités. Incroyablement expressive et source de visions précises autour d'un motif aliénant. Un sentiment qui s'explique par le violent pourvoir de perception qui se dégage de l'ensemble. Sans pour autant avoir des pistes auxquelles se rattacher.  Ou comment avec une musique raconter autant d'histoires qu'il existe d'auditeurs.

 

 

 

Publié dans Musique

Commenter cet article

Morena 14/03/2008 23:00

Je note.

Et sinon, tu sais que tu fous les j'tons, avec tes actualisations régulières ?

gehenne 15/03/2008 00:12

Bah on fait c'qu'on peut, hein !