Souffleurs

Publié le par helel ben sahar


Sais tu ? Sais tu quel est notre puissance ?

Non. L’expérience, parce qu’il s’agit avant tout d’une expérience. Et non la vision éculée d’un énième spectacle. Parce qu’ainsi allongé, nous subissons. Passif, attentif devant ses formes sombres, presque désarticulées. Se déplaçant au ralenti. La musique et le craquement des feuilles sous leurs pas. L’ambiance est apaisante. Comme plongé dans un doux rêve énigmatique.

Armés de leur instrument. Prédateurs culturels, nous sommes les cibles de leur prose. Les mots résonnent à l’intérieur de notre tête. S’adressent directement à notre inconscient. Ils sont plusieurs. Ni seuls. Ni nombreux. Des fantômes sous les arbres baignés par le crépuscule. Le temps précieux d’une communion éphémère, le rapport est intime. Les mots et regards nous sont adressés à moi, rien qu’à moi. Ses ombres, chacun leur tour, me susurrent leurs mots. Chargés de sens parce que le temps de cette rencontre, ils n’existent que pour moi.

Le temps semble être suspendu. Je divague. Je ne suis plus ici. J’attends ses mots. A elle. A lui. Et les autres. Je vois mes compagnons me regarder dans l’attente comme je les regarde. Lorsque j’attends une nouvelle venue. Que ces sombres anges viennent à nouveau me voir. Me parler. Murmurer. Bientôt l’addiction m’emporte. Je veux me perdre en eux. Dans ces mots. Dans ces voix chuchotés. Dans leur souffle.

Je dormirai presque. Et je ne veux certainement pas me réveiller…

Il serait fâcheux d’aller plus loin dans le récit de cette rencontre. Parce que la surprise est un élément indispensable à la pleine appréciation de cette expérience. Le mystère qui entoure ces hommes et femmes, sortis tout droit d’un film de Burton, tout de noir vêtu,  doit être insondable. Leur apparition fait partie de cette mise en scène où sobriété et sophistication primaire se conjuguent naturellement. Le reste n’est qu’une intime relation. Une plongée dans un inconscient poétique.

Le souffle de la prose comme une thérapie. L’apaisement comme une bénédiction…


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(LES) SOUFFLEURSTentative de ralentissement du monde n°1 : l’envol poétique…

Crées en l’an 2000 à l’initiative d’Olivier Comte, (les) Souffleurs forment un groupe d’intervention poétique réunissant des comédiens, auteurs, réalisateurs… Ils s’inscrivent dans l’évidence du clignotement général du monde, usent de la nécessité du droit d’irruption poétique et pratique l’art contre le divertissement, l’essentiel contre le décoratif et la jouissance contre l’assouplissement.

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En résidence à Mains d'Œuvres depuis septembre 2005, la compagnie dispose d'un bureau pour l'administration de la compagnie et investit régulièrement des espaces pour des commandos. Elle travaille également à la création de la pièce “ La Sédimentation des Bourrasques ” qui sera présentée en 2006.

Mains d'Œuvres
1, rue Charles Garnier
93 400 Saint-Ouen

Tel : 01 40 11 25 25
Fax : 01 40 11 25 24

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Publié dans Cendres

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