Mardi 19 février 2008
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17:50
Souvent la musique est trop forte. Et on ne parvient pas très bien à s’entendre. Ou se comprendre. On crie pour couvrir les bruits. Mais ces hurlements manquent de
délicatesse. Ou de subtilité. Et ce que l’on se dit n’a plus aucune espèce d’importance. Noyé dans l’ambiance. Et l’agitation. On est souvent interrompu. Notre attention se perd au fil des
incursions. Et plutôt que d’oublier, on reporte. Ou bien on trouve des subterfuges. Parfois, un échange éloquent peut se réaliser à travers les yeux. Un échange de regard. C’est très cliché, mais
on use souvent de clichés. Lorsque l’on manque de spontanéité. Ou d’assurance. Tellement rassurant d’utiliser des recettes éculées. Celles qui ont fait leur preuve.
La musique s’arrête, mais il est beaucoup trop tard. On est fatigué. On aussi.
Lorsque les lumières s’éteignent. Ou la porte se referme. Lorsque l’on disparaît dans le rien. Quand convergent les souvenirs immédiats. Quand commence la fatigue.
Quand on retrouve son quotidien. Et que l’on a trop pensé.
Souvent, un rien peut devenir un tout. Et la musique trop forte n’y peut rien.
Où l’on se réveille. Et l’on recommence. Juste la joie de retrouver. Une nouvelle fois. Comme les retrouvailles sont belles ! Même si pour cela, il faut se
séparer…
Vendredi 1 février 2008
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2008
10:02
Bonne année 2008 à vous tous chers lecteurs de Cinetudes, nous vous remercions encore énormément pour cette nouvelle année de nous lire fidèlement.
N'oubliez pas que Cinetudes est une équipe dont vous pouvez tout aussi bien faire partie pourvu que vous soyez passionnés comme nous par le cinéma et la perspective de mieux faire comprendre les
oeuvres, réalisateurs et thèmes qui peuplent ce si beau 7ème art... Une seule adresse pour nous proposer vos textes ou vous faire connaître à nous: cinetudes@hotmail.com
Pour
commencer et faire dans la continuité, voici la suite directe du dossier "LES LEGENDES URBAINES ET CONTEMPORAINES ". Après s'être penché sur des questions d'ordre plus gastronomique dans sa première partie ,
Stephane Lapeyre (Plissken) nous revient ici avec une étude détaillée et contextualisée du mythe cinématographique du "Snuff Movie" , de ses origines dans les années 70 jusqu'à ses avatars les plus récents. Attention aux âmes sensibles avec ce sujet particulièrement dérangeant, pour lequel la fascination morbide qu' a eu
le 7ème art ne s'est pas démentie…
FORUM
Dans le
cadre thématique de ce dossier des "LEGENDES URBAINES ET CONTEMPORAINES ", Lionel Grenier (Garbonzia) nous livre ce mois-ci une interview de Nicolas Bressier,
jeune réalisateur d'un premier long métrage choc : SNUFF
FILMS Réalisé dans des conditions précaires (le budget s'élève à 900€), le film n'en demeure pas moins une réussite qui ouvre peut être la voie à d'autres
productions sincèrement indépendantes.
Au cours de l'entretien, Nicolas Bressier se révèle un ardent défenseur d'un cinéma de genre qui se doit d'être exigeant.
FORUM
Un autre
dossier redémarre avec bonheur par ailleurs, celui consacré à Alfred
Hitchcock. Toujours dans l'exploration de ses travaux les plus méconnus ou dits mineurs, Guillaume Bryon (Ishmael Chambers) tient à
rendre à FAMILY PLOT (Complot de
Famille) les honneurs qui lui sont dûs. Ce dernier opus qui retient assez peu l'attention des exégèses est pourtant une vraie démonstration de malice,
autant qu'une relecture révélatrice de nombre d'arcanes de l'œuvre hitchcockienne. Où comment sous forme de clin d'oeil et de regard lucide sur l'évolution du cinéma, Sir Alfred offre à ses fans
les clés de son oeuvre.
FORUM
Enfin
nous accueillons sur Cinetudes Olivier Rossignot (Infernalia) qui propose une étude passionnante sur L'évolution de l'héroïne chez Dario
Argento un sujet qu'il fallait absolument explorer tant il se révèle d'une grande richesse thématique et esthétique. Sous les traits de Jennifer
Connely, Christina Marsillach et Asia Argento, c'est à nouveau pour ce site l'occasion de mettre en avant la deuxième partie de carrière du génie
transalpin avec ces grands films que sont Phenomena, Opera, Trauma et
Le Syndrôme de Stendhal.
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Les Amis de Cinetudes
La Nuit Retour vers le Futur – Jeudi 7 février 2008 – Avignon
Dixième soirée des Nuits des CinéFils et Filles ! Bonne année 2008 à vous tous chers lecteurs de Cinetudes, nous vous remercions encore énormément pour cette nouvelle année de nous lire
fidèlement.
N'oubliez pas que Cinetudes est une équipe dont vous pouvez tout aussi bien faire partie pourvu que vous soyez passionnés comme nous par le cinéma et la perspective de mieux faire comprendre les
oeuvres, réalisateurs et thèmes qui peuplent ce si beau 7ème art... Une seule adresse pour nous proposer vos textes ou vous faire connaître à nous: cinetudes@hotmail.com
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Mercredi 29 août 2007
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2007
02:40
C’est un cliché. Une cigarette se consume dans le cendrier. Un cendrier trop plein. Un verre à moitié vide. Contenant un alcool quelconque. Une musique triste en fond sonore. Un classique de préférence. Le regard introspectif. La barbe de quatre ou cinq jours. Un appart miteux. Ou sale. Des vêtements froissés sur le dos. Quelques cadavres de bouteilles éparpillés autour. La lumière du répondeur clignote. Le téléphone est décroché. La porte de la chambre entrouverte laisse apercevoir un lit aux draps froissés. Des draps devenus gris avec le temps. Des paquets de cigarettes vides. Du tabac à rouler sur la table de chevet. Un réveil en berne. Même la tapisserie semble déprimer. Un canapé pourri d’où la mousse des coussins s’évade. Un vieux carton de pizza. Quelques blattes qui semblent se disputer les miettes. Les rideaux crasseux sont tirés. Les murs ont été jaunis par la nicotine. Un portefeuille ouvert posé sur la table basse. Et une photo.
Dépression. Le mot, sale, est lancé. Craché avec dégoût. La mâchoire serré pour ne pas le vomir. Ce mot ignoble décrivant une condition honteuse. Que l’on tait. De peur d’être montrer du doigt. D’être installé avec les parias. Alors on se cache. On se tait. On recherche secrètement l’avis des spécialistes. On s’enferme. On fait confiance aux ordonnances. Se créer un bonheur chimique. Fait de pilules de toutes les couleurs. De toutes les formes. Qu’on avale comme des bonbons. Une rasade d’eau pour faire passer le tout. On devient sérieux. On arrête l’alcool. Puisqu’il est interdit d’être malheureux. On nous enlève le droit de nous morfondre. D’être misérable. Et si je veux baigner dans ma merde ?! Si je refuse de dormir ou de me laver ? Si je veux me crever les yeux ? On se fera enfermer. Jeter dans un hôpital. Une camisole sur le dos. On nous réapprendra à vivre. A vivre correctement. Selon les codes enseignés. Les usages imposés. On réapprendra à sourire. A bien se comporter. On ne sera plus violent. Envers soi comme envers les autres. On vivra dans un univers chaleureux. Les dernières leçons consisteront à de nouveau faire confiance aux autres. L’ultime barrière qui nous sépare du dehors. Après cela, on pourra enfin ouvrir la porte et s’évader. Retrouver la vie.
Souvenir pastel. Comment en est-on arrivé là ? Une fille. Il s’agit toujours d’une fille. Ou d’un garçon. Un homme. Celle ou celui de la photo. Ou alors c’est son absence. Ou le fait qu’il ou elle n’existe pas encore. Une photo vierge dans un portefeuille. C’est déprimant. Comme une promesse non tenue. On pourrait croire que c’est une nouvelle page à écrire. Mais rangée ainsi, la photo est déjà tirée. Et elle reste blanche. Vide. Voilà qui résume notre vie à ce moment. On arrive à se sentir seul d’être seul tout en ayant marre de sa propre compagnie. Alors confortablement installé dans l’eau chaude du bain. La peau tendre. On attrape le rasoir.
Finalement c’est arrivé très vite. Tout simplement. Une minute d’inattention. Et l’eau devient rouge. Deux minutes après, on a un bandage au poignet. Ce n’était qu’une petite coupure. Une de plus.
Par helel ben sahar
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Mardi 28 août 2007
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2007
10:45
Certains restent dans la cuisine. A discuter, mais surtout fumer leurs cigarettes. La porte ouverte pour faire entrer un peu d’air. Dehors la neige a bientôt recouvert toute la pelouse. Un joli manteau blanc comme on dit. Sur le feu, l’eau des pommes de terre bout. On termine les derniers préparatifs. L’apéritif est déjà sur la table. D’autres se promènent même avec des verres. Le ton monte doucement. Expression joviale d’une soirée qui commence. Des petits groupes de trois ou quatre se forment. Dans la cuisine, les fumeurs se relaient. Pourtant, personne ne pensera à couper le feu sous les patates. Elles seront beaucoup trop cuites. Mais tout le monde s’en fout. Ce n’est pas souvent que l’on se regroupe ainsi. Le feu crépite dans la cheminée. Une bûche s’affaisse dans un grand embrasement. On commence à mettre la table. Mais difficile de retenir l’attention de tout le monde. Quand on est perdu dans des conversations sans importance que l’on a déjà tenu un millier de fois. On remet une bûche au feu. Dehors la température a dangereusement chuté. Personne ne se pose encore la question du retour. Si les routes seront praticables. Tout le monde jure secrètement de rester bloqué. De perdurer la réunion. Et tant pis si l’on rate un jour de boulot. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut se retrouver ainsi.
Assis dans un fauteuil je regarde autour de moi. Un vague instant de réflexion. Contempler la vie. Rien n’est plus vivant. De ces petits groupes d’où s’échappent des rires. On se rejoint, on s’échappe, on s’échange. Comme un ballet disharmonieux. Pourtant, il règne une logique dans ce désordre. Comme un équilibre que l’on essaie de garder inconsciemment. C’est d’autant plus flagrant quand prend du recul. Et que l’on observe. C’est en s’écartant du monde que l’on s’aperçoit à quel point il est chaleureux. A quel point ces moments sont parfaits. En usant d’une solitude intime que l’on remarque toute sa beauté. Assis tout seul dans ce fauteuil confortable, quoiqu’un peu mou, on se dit qu’on a de la chance. Et puis tout le monde s’agite. On se fait remarquer à rester à l’écart. De ne pas comprendre que ce bref moment fut salvateur. Alors on rejoint le groupe ragaillardi. Gonflé à bloc. Et l’on participe à nouveau à la fête.
On se rejoint tous à table. Les verres se vident, se remplissent, s’entrechoquent. Dehors, il s’est remis à neiger. Quelqu’un se lève et ouvre la fenêtre. Un moment un peu cliché. Feu de cheminée, neige, une grande table. Pendant une seconde, on n’entend que le bruit des fourchettes contre les assiettes. On s’adresse à son voisin en élevant un peu la voix. Difficile de s’entendre parfois. On demande de l’eau, du pain. On réclame sans cesse. Parce que tout ce trouve toujours trop loin. Les plats se vident au fur et à mesure. On retourne en cuisine chercher une énième assiette. Et on entend frapper à la porte. D’un voisin frigorifié qui nous demande s’il nous resterait pas du bois pour sa cheminée. On l’invite à renter. S’asseoir boire un verre. Sans se faire prier trop longtemps, il s’exécute. Le sourire un peu crispé. Dans quel traquenard est-il tombé ? Il ne s’attarde pas trop longtemps, sa femme et ses deux filles l’attendent. Il repart avec cinq bûches sous les bras. Nous remercie encore une fois et s’enfonce dans la nuit blanche. La table se vide petit à petit. Les fumeurs retrouvent leur royaume. On délaisse les chaises pour les canapés. On continue les discussions très importantes. L’heure tourne trop vite. Certains montent se coucher. Quelques derniers combattants alimentent un feu en refaisant une partie du monde. On ne se souviendra plus de la moitié des discussions le lendemain. Mais tout cela n’a pas d’importance.
Dans un lit de fortune, je reste quelques minutes les yeux ouverts à regarder le plafond. Pas encore tout à fait fatigué. Encore un peu excité. La journée s’achèvera beaucoup trop vite demain. Alors on ne veut pas perdre de temps. Le sommeil nous tombe dessus sans prévenir. On se réveillera quelque fois. La lumière du jour, les premiers levés. Du rez-de-chaussée s’élève quelques voix. On sent l’odeur du pain grillé. Du café aussi. Dehors le ciel est bleu. La neige a fondu malheureusement. Les routes seront praticables. Il va bientôt falloir partir. Un coup de ménage et les sacs sont déjà descendus. On charge les voitures. Et vient le temps des accolades, des adieux. De prendre la route pour rentrer retrouver le quotidiens. Pendant ces deux jours, on fut comme coupé du monde. Une autarcie chaleureuse. Que l’on souhaiterait éternel. Mais les plus belles choses sont éphémères.
Dans la voiture, le paysage défile sans qu’un mot ne soit prononcé. On se remémore déjà ces moments passés. Et l’on pense aux prochains. Chez soi, les sacs à peine défait. On éprouve le blues des retours. Impression d’abandon. Comme arraché à sa famille. Où sont-ils ? Alors on se téléphone, on s’écrit. Compte rendu du week-end. On relate les blagues. On continue certaines conversations. Parce que les souvenirs sont encore chauds. Et l’on sait que la mémoire nous jouera des tours. Que certaines choses seront oubliées. Involontairement. Un peu honteux de savoir que ces merveilleux instants se perdront dans le vide. Comme s’ils n’avaient jamais existés. Heureusement, il existera toujours les photos pour nous rappeler. Des instantanés. Comme témoignage d’un temps. Des éclats de rire figés. Un couple enlacé sur le canapé. Une table recouverte des cadavres du séjour. Une photo du jardin tout blanc. Un bout de feu dans la cheminée. Un toast porté à on ne sait plus quelle intension. Tout le monde pourra se retrouver sur l’un des clichés. Chacun aura son bout de soi imprimé. On se passera des tee-shirts « j’y étais ». Pour une preuve plus tangible.
On pense déjà à la prochaine. Où. Quand. Comment. Difficile selon les emplois du temps. Difficile de trouver un emplacement. Les questions pratiques fusent. Mais ce qui importe vraiment. C’est de pouvoir se retrouver encore une fois. De lever nos verres au même moment. Et de passer deux nouveaux jours à oublier qu’il existe un monde en dehors de nous.
Par helel ben sahar
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Vendredi 24 août 2007
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08
2007
01:57
Trois cartons. Les derniers. Empilés maladroitement, ils trônent dans l’entrée. Derniers vestiges. Le plus petit dégueule de bric-à-brac. Comme souvent avec les derniers cartons. On compulse tout ce qui traîne dans un grand ensemble désordonné. On enfourne sans trop chercher à réfléchir. Parce qu’ils seront aussi les derniers à être déballés. Certains seront même descendus à la cave, les scellés intacts. Prenant la poussière et attendant qu’on les ouvre enfin. Parce que l’on ne retrouve plus ce bibelot inutile qui nous tient tant. Et parce que l’on se souvient, après avoir retourné tout l’appartement, qu’il reste un ou deux cartons. En bas. Dans la cave. On se trouve un peu honteux de les avoir laissé là.
Dernier coup d’œil dans ce grand appartement vide. On ne l’avait jamais trouvé grand jusqu’à ce jour. Quelques pièces semblent revivre après ce grand vide. Trouvent une seconde jeunesse. Parviennent enfin à respirer. Sur les murs, on peut voir les traces de meubles laissés trop longtemps à la même place. Les marques de cette vieille commode qui nous suivra encore quelques années et qui accueillait les draps, serviettes, torchons et autres linges de maison. Ce vieux bahut légué par notre grand-mère, si moche, mais l’on ne peut pas s’en débarrasser. Valeur sentimentale. On se surprend toujours à donner autant d’importance à ces choses inanimées. D’un vieux caillou ramassé sur la plage un week-end de mars au napperon offert par notre meilleure amie d’un voyage en Italie. Aujourd’hui le meuble n’est plus. Et tout ce qui était posé dessus, éparpillé dans différents cartons.
Sur la moquette, on devine encore l’auréole d’un verre de vin renversé. C’était une soirée entre amis. Beaucoup trop de monde pour si peu de place. Mais des rires qui résonnent encore entre ces murs. Une nuit complètement folle. On s’entend encore crier quand l’accident eut lieu. Cette horrible tâche rouge. Et qui semblait indélébile. Pourtant, quelques mois plus tard, il n’en paraîtra plus rien. On se voit courir vers la cuisine, rapporter des chiffons pour éponger. Et d’entendre une vague excuse bredouillée qui fit rire tout le monde. Le lendemain chacun repartit chez lui, en n’oubliant aucune seconde de ces deux jours magnifiques. L’appartement redevint calme. Et ce soudain silence…
On ferme une dernière fois les fenêtres de la cuisine. Le sol sent encore la javel. Bien que cette cuisine ne fût jamais un temple de la gastronomie, on se prend d’un pincement au cœur de la voir si fade. Pas de vaisselles dans l’évier, la porte du réfrigérateur ouverte. Ce réfrigérateur qui ne fût jamais très plein d’ailleurs. En face, la porte de la chambre reste fermée. Comme interdite. On a déjà fait son deuil de cette pièce. Ce qui a été murmuré sera enterré. Et l’on y reviendra qu’en songe.
Dans l’entrée, les cartons ont disparu. Ramassés. Dans la rue, les portes du camion se referment. On s’approche lentement de la porte. On compte les pas. Ceux qui nous séparent du dernier au revoir. De l’adieu. Un dernier coup d’œil derrière soi. Pour être certain de ne rien oublier. Pour être certains de ne rien regretter. On sait qu’on laisse quelques fantômes. De soi ou d’autres. Qu’ils hanteront longtemps l’appartement. Qu’ils souhaiteront la bienvenue aux prochains locataires. Car ces quelques pièces furent tout un monde. Pendant de longues années. Tout un univers. Qu’il s’est passé de quoi remplir des lignes et des lignes. Que l’on y trouvera toujours un refuge. Le souvenir de cet appartement. De cette rue. De cette ville. De ces gens qui la peuplent et dont certains furent des amis. Et qui le resteront. Ce refuge est désormais une encre. A laquelle on peut s’accrocher quand la nostalgie nous empoisonne. Parce qu’il y aura toujours ces murs tapissés de nos rires et de nos larmes. De nos cris et de nos murmures. Et d’une vie tellement remplie, qu’on se sent pousser des ailes à en vivre une seconde.
Trois cartons. Devant la porte. Empilés, ils trônent sur le paillasson. Promesses d’avenir…
Par helel ben sahar
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