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Lundi 24 mars 2008

Lorsque l'on investit dans le sujet des tabloïds, on se doute bien qu'il va falloir un jour ou l'autre aborder de front la réalité. Si créer des sujets est forcément pratique, dans ce genre particulier, la réalité dépasse souvent la fiction. La première saison de Dirt officiait de façon prudente cette pente relativement glissante. Où la réalité ne servait que de background. Une démarche intelligente, parce qu'un mensonge passe toujours mieux lorsqu'il est entouré de deux vérités. Et puis comme toute nouvelle série, les personnages principaux importent presque plus que les histoires racontées.

Cette seconde saison répond à nos attentes. En deux épisodes seulement, on entre de plein pied dans la configuration type avec incursion d'un réel à peine déguisé. Dans le premier, on a le droit à une copie de Anna Nicole Smith, riche héritière siliconée qui défraie la chronique. Tout en entourant le résultat d'un fantasme très sordide. Portrait assez savoureux pour une histoire qui reste minime dans la narration bien plus occupé à regarder Lucy. Mais le second exploite dans toute sa splendeur ce thème. Sans retenu en l'intégrant dans l'axe principal de l'épisode. On nous raconte les déboires d'une riche et célèbre héritière (encore une) : Milan Carlton. Pas besoins de réfléchir très longtemps pour savoir de qui on parle : Milan/Paris – Hilton/Carlton. Et la série de se montrer particulièrement cruelle.

Le face à face entre Milan et Lucy est aussi savoureux que jubilatoire. Où si l'on sent très bien de quel côté penche la balance en ce qui concerne l'empathie du public, il ne faut pas oublier que les deux femmes sont dépendantes l'une de l'autre professionnellement parlant. Car la série n'idéalise jamais le métier de paparazzo ou d'éditeur de tabloïds. Lucy est une femme forte, cruelle, frigide pour qui la fin justifie toujours les moyens. Une garce qui n'hésite pas à manipuler, corrompre pour parvenir à des résultats. Il n'y a que sa relation avec Don qui semble sincère. Milan/Lucy, deux figures que tout oppose et pourtant, d'après Don, seraient identiques. Don pose surtout la question des motivations : Qu'est ce qui pousse quelqu'un à investir le champ de la presse people ? L'envie ? La rancune ? Ne sent-on pas une pointe de jalousie lorsque Lucy raconte un épisode de son enfance ? Par dessus ces sentiments personnels, les auteurs dressent aussi des affirmations plus universelles. Comment nous pouvons être exaspérés par tous les déboires éthyliques ou égocentriques de célébrités.

Il faut espérer que les auteurs creusent davantage ce thème, avec Milan ou une autre. Que le rapport entre Lucy et les différentes célébrités qu'elles attaquent, traquent ou manipulent, soit entretenu et approfondi. Après avoir dressé un contexte générant autant de fantasmes par procuration que de discours digressifs autour du star système, l'étude de caractère semble la suite la plus logique. Reste  à savoir comment les scénaristes vont aborder ce problème, et comment les personnages principaux vont nager dans ce thème.

- Publié dans : Série TV
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Vendredi 21 mars 2008

Le jeu vidéo suit généralement une trajectoire rectiligne. Porté par les évolutions techniques, il ne regarde jamais en arrière. Chaque nouvelle création majeure enterre la précédente. Depuis la venue de la 3D, les jeux en 2D n'existent pour ainsi dire plus. Et ces plus fervents représentants ont sauté le pas eux aussi. Avec plus ou moins de succès et d'habileté dans la démarche. On se souvient des misérables premiers Sonic ou Mortal Kombat en 3D. Seul Mario était parvenu à accomplir sereinement la migration.

Néanmoins, depuis quelques temps maintenant, on voit surgir une nouvelle mode. Caractérisée par tous les petits jeux flashs qui pullulent sur la toile comme autant de vieilles gloires accessibles gratuitement (Pacman, Tetris, Ballbreaker, Pong...), elle nourrit avant tout les nostalgiques. Toutes ces personnes d'une trentaine d'années qui ont grandi avec ces jeux et suivi avec attention l'évolutivité des différentes machines (ordinateurs et consoles). Devant cette perspective, les constructeurs principaux (Nintendo, Sony et Microsoft) se sont un peu sentis obligés de répondre à cette demande. Où comment rentabiliser des jeux peu gourmands en production. Ainsi est né le courant lucratif des casual games. Compilations de divers petits jeux ludiques et évidents, les casual games permettent aux non-joueurs d'investir dans le marché. Une politique parfaitement assimilée par Nintendo avec la récente Wii.

C'est d'ailleurs le géant japonais qui profite de cette mode. Ses deux principales consoles – la Wii et la DS – semblent être de par leur nature, divinement dédiées. En y plaçant un gameplay qui extrapole l'éternel pad. La wiimote ou le stylet et l'écran tactile sont les armes idéales pour ce genre de jeux. Si la Wii offre néanmoins un procédé plus complexe ou du moins plus évolué, la DS représente l'Eldorado du casual, bien plus que la sophistiquée et fragile PSP.

On se retrouve alors avec une ludothèque casual conséquente, ainsi qu'une bonne représentation de jeux éducatifs. Mais Nintendo appuie sa position de leadership de la console portable grâce à sa mascotte en redorant le blason du jeu de plateforme en 2D. Après les Mario64, Mario Sunshine ou Mario Galaxie, le groupe japonais affiche des prétentions très actuelles sur la forme (graphismes, situations empruntées aux jeux précédents) avec un regard tourné vers le passé. Et affiche une réussite ostentatoire, comme un sourire en coin lancé aux concurrents. New Super Mario Bros (NSMB) s'inscrit dans la parfaite continuité des Super Mario Bros et Super Mario World. Configuration des mondes similaires, entre passages secrets et course d'endurance. Et des niveaux étalés comme un travelling latéral. Les développeurs ont tout prévu en ajoutant, une fois terminé, un mode challenge qui oblige une course en avant sans possibilité de retour. NSMB est la consécration d'un genre pérenne. Capable de ressortir des limbes du jeu vidéo et d'afficher une fraîcheur comme aux premiers jours. Et de permettre aux joueurs de ressentir les émotions nostalgiques, tout en ayant un jeu très actuel. Ce n'est pas faire du neuf avec du vieux, mais dépoussiérer un genre pour le rendre malgré tout très moderne.

On savait la DS capable de tout. De rendre fashion un programme de réflexion ou d'offrir des expériences uniques comme jouer aux docteurs ou être avocat. Mais retourner aux sources avec autant de réussite et de facilité deviendrait presque insolent. Mario affiche une désinvolture succulente. Avec pour seule vision, le regard porté droit devant ou derrière lui, mais jamais sur les côtés comme il avait appris à le faire depuis quelques années maintenant. Comme le monde vidéo ludique et sa trajectoire rectiligne : empruntant le même schéma où quelques heures de jeu représentent plusieurs décennies.

- Publié dans : Jeux vidéo
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Dimanche 16 mars 2008

On avait quitté Beirut le cœur gonflé à bloc par cette musique unique et intime. Album de l'année 2006 dans un panthéon personnel. Mélange improbable de pop et de musique tzigane d'un jeune garçon du Nouveau-Mexique. Une musique fragile, mais capable de soulever des montagnes. Seconde livraison pour Zack Condon, après une année éprouvante à jouer sur les scènes du monde entier. A tel point que le jeune homme y a laissé un peu de sa santé, devant interrompre son tour de chant juste avant la date française pour cause de surmenage. On sent le garçon impliqué dans ce qu'il fait, vivant sa musique à peu près autant que nous. Mais d'une manière que seuls les musiciens doivent comprendre. On était inquiet, soucieux de savoir comme Zack Condon allait s'en sortir. Et surtout, comment allait-il gérer sa soudaine notoriété.

Passé l'introduction d'une sirène annonçant l'arrivée sur les côtes, on débarque dans The Flying Club Cup par la ville de Nantes. Première étape d'un voyage éclair mais intense dont on ne sortira pas indemne. Beirut, c'est un peu l'aspect positif de la mondialisation.  Des frontières abolies sous le seul prétexte artistique. Car si le voyage commence par la France – principale inspiration – on ne s'attarde pas. Une vision de la France passéiste, mais surtout pas rétrograde ! On n'est pas dans l'imagerie d'Epinal propre aux américains de cette France bloquée dans un espace temps indéfini où l'on porterait toujours béret et bretelles et se déplacerait en 2CV ou mobylette. La volonté de Condon réside dans l'illustration d'un temps, d'une époque. Dans ces sons particuliers et tellement expressifs. Regorgeant d'insouciance et de liberté, teinté par une légère mélancolie. Ou de nostalgie. On passe de Nantes à Cherbourg, par La Banlieue, on a le droit à un Dernier Verre ou aux Penalty. On voyage, on s'arrête, on observe. Et surtout on ressent. Car si les chansons qui composent ce nouvel album s'inscrivent dans une structure plus Pop, Beirut ne perd pas de vue l'incroyable pouvoir qui l'habite. Celui de délivrer des émotions incomparables. Nées de ce mélange des genres.

Ces chansons plus Pop permettent à Zack Condon de briller au chant. Le précédent album laissait place aux chœurs évanescents tout droits sorti d'un bar qu'une ambiance festive et éthylique embrumait. Dans The Flying Club Cup, on est plus dans la vignette, la carte postale sonore. Une autre façon de concevoir le voyage. Il n'est plus question d'infiltration, mais d'une vision d'ensemble quoique précise. Son chant nous transporte. Nous accompagne et nous colle tous ces frissons. Comme une caresse sur l'échine. Sans toutefois oublier de convier ses invités pour un final enivrant. La célébration de la fin du voyage. Chanté dans la liesse générale pour un morceau dont on ne souhaiterait la fin. De vouloir entendre à nouveau la sirène, d'entrer dans Nantes. Chanson magnifique, peut-être la plus belle qu'ait signée Zack. Il n'y a pourtant jamais mis les pieds, mais il faut croire que son évocation ait suffit à lui inspirer cette merveilleuse mélodie.

- Publié dans : Musique
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Jeudi 13 mars 2008

Certains albums s'épanouissent la nuit. Et de préférence très tard. Quand toutes les lumières sont éteints.  Lorsque l'on se retrouve seul au milieu du silence. C'est dans ce paysage endormi, que la musique prend toute sa dimension.  Qu'elle se révèle. En puisant dans l'obscurité et le vide, pour délivrer tous ses charmes.  Untrue de Burial fait parti de ces ouvrages. Un disque résolument nocturne. Dubstep ou dark-house minimaliste, la musique de Burial s'étreint dans le noir le plus complet.  Pourtant, il suffirait de fermer les yeux et de se laisser emporter. Mais il manquerait ce petit quelque chose dans l'atmosphère. Cette sombre effusion  qui révèle certains aspects de nos personnalités. Et c'est justement ce que tente de souligner Burial.

Les couches sonores sont plurielles, mais l'ensemble repose sur une structure minimaliste. Un rien précaire. On est loin des agencements très pensées de la musique électronique.  Mais plutôt dans le bricolage. Le collage de petites boucles. Parfois un rien grossier dans les enchaînements. Mais ces petits défauts volontaires participent à la réussite du disque. En utilisant une technologie limitée, Burial délivre la musique électronique d'une rigueur trop inexpressive.  Et lui redonne visage humain. Pourtant,  il y règne une désertification. Les voix ne sont que des suppliques déformées. Passées par le miroir déformant du vocoder. Et se répètent inlassablement.  Où l'humanité se ressent synthétique. Il règne une ambiance de fin  du monde. Triste et désolé, que des machines tentent de reproduire avec maladresse.  Hypnotique et entêtant, les compositions tournent autour de figures fixes. Et de cette récurrence persistante, naît cette sourde beauté un peu grave.  Quelques interludes tentent de raviver la flamme.  Moments en apesanteur où le monde semble s'arrêter. Mais le mal est fait. Et ne reste que les échos de mélodies répétées à l'infinie.

Untrue possède ces rares qualités. Incroyablement expressive et source de visions précises autour d'un motif aliénant. Un sentiment qui s'explique par le violent pourvoir de perception qui se dégage de l'ensemble. Sans pour autant avoir des pistes auxquelles se rattacher.  Ou comment avec une musique raconter autant d'histoires qu'il existe d'auditeurs.

 

 

 

- Publié dans : Musique
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Jeudi 13 mars 2008

Vous allez me dire que je ne réserve ce blog que pour des messages d'auto-promo. Simple hasard, je vous assure ! Donc voilà, la mise à jour de Cinétudes est effective depuis deux ou trois jours maintenant (voyez comme je faillis malgré tout à mes devoirs), il était temps de la communiquer. D'autant plus que je signe un peu mon retour après une trop longue absence.


N'oubliez pas que Cinetudes est une équipe dont vous pouvez tout aussi bien faire partie pourvu que vous soyez passionnés comme nous par le cinéma et la perspective de mieux faire comprendre les œuvres, réalisateurs et thèmes qui peuplent ce si beau 7ème art... Une seule adresse pour nous proposer vos textes ou vous faire connaître de nous :
cinetudes@hotmail.com

Pour commencer cette mise à jour, souhaitons la bienvenue à Anaïs Truant (Miss Acacia) qui nous propose pour son premier article sur le site une analyse du phénomène de catharsis au cinéma à travers LE SYNDROME DE STENDHAL (La Sindrome de Stendhal) de Dario Argento (1996). Et quelle oeuvre est plus indiquée pour réfléchir sur ces questions que celle de Dario Argento, grand cinéaste de la douleur, de la violence et de l'inconscient.
Anaïs était déja présente sur Cinetudes par le biais de son interview en tant que présidente de l'association avignonnaise
LES NUITS DES CINEFILS ET FILLES.

Ce mois-ci nous accueillons non pas un mais deux nouveaux rédacteurs sur le site et donc après l'honneur aux dames, nous souhaitons la bienvenue à Sebastien Colombat (RabbitInYourHeadlights) qui s'attaque à un gros morceau avec
BATMAN RETURNS (Batman Le Défi) de Tim Burton - 1992.
Sebastien s'intéresse aux thématiques et obsessions de Burton et à son incroyable capacité à totalement intégrer son univers unique et décalé au sein d'un blockbuster pour en faire au final un vrai film d'auteur.

L'infatigable Elias Fares (Max Schreck) revient à l'assaut de La Planète des Singes et nous propose la troisième partie de son Dossier Thématique sur cette véritable saga.
Cette fois il s'attaque de front à la période de 1974 à 1981 en nous parlant de façon détaillée des deux séries produites autour de cet univers, la série TV Planet of the Apes et la série animée Return to the Planet of the Apes.

Et pour finir voici le retour des
Coups de Cœur des rédacteurs et celui de Guillaume Nicolas (Gehenne).
Avec sa passion caractéristique, il vous parle d'un petit film japonais complètement fou et atypique nommé
KAMIKAZE GIRLS (Shimotsuma Monogatari) de Tetsuya Nakashima - 2004. Ce film totalement outré et excessif au possible n'est clairement pas pour tous les publics mais Guillaume en parle si bien que nous vous mettons au défi de resister à son appel !!


Nouveauté au sein du site, vous pouvez dorénavant laisser un commentaire en bas de chaque article. Et n'oubliez pas que vous pouvez toujours vous inscrire sur le forum si vous voulez discuter plus amplement d'un sujet ou partager votre passion pour le cinéma. Pour cela, cliquez sur la petite illustration de Elias dans la colonne de droite.

Merci.

- Publié dans : Cendres
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